
Se confronter aux habitants du paradis
Author(s) -
Johan Vincent
Publication year - 2008
Publication title -
articulo
Language(s) - French
Resource type - Journals
SCImago Journal Rank - 0.19
H-Index - 6
ISSN - 1661-4941
DOI - 10.4000/articulo.782
Subject(s) - humanities , political science , art
Les premières personnes venues sur le rivage se déplaçaient pour voir la mer, objectif exclusif conduisant à la marginalisation dans leurs discours des populations locales. Ils ont toutefois bel et bien côtoyé les autochtones, ne serait-ce que pour pouvoir se nourrir et se loger. Or la différence de perception entre la majesté de l’océan et les conditions sociales et économiques des habitants des communes littorales peut paraître rédhibitoire à une quelconque installation, ce qui n’a pas été le cas. Toutefois, à mesure que l’activité balnéaire se développe, les touristes, à l’origine indifférents ou embarrassés face à la pauvreté, deviennent plus exigeants et plus craintifs. Les politiques touristiques vont avoir à cœur d’éliminer les situations jugées pénalisantes et ainsi tenter de créer une sorte de paradis sur terre. Cette mise en place passe alors par une professionnalisation de l’activité touristique, compensée par un discours sur l’authenticité visant à limiter les excès commerciaux. Initially, people who spent their vacations at the seaside wanted first and foremost to see the sea. This was an exclusive goal, resulting in a discourse devoid of any references to local populations. Of course, tourists nonetheless had relationships with local populations, if only to find food and shelter. Although differences in perception between the Ocean’s majesty and the littoral villages’ social and economic plight could have precluded any settlement, this was not the case. However, in the wake of developing seaside activities, tourists, initially indifferent to or disconcerted by such poverty, became both more demanding and fearful. Tourism policies were therefore put into action which strove to eliminate those situations deemed penalizing and thus create a sort of Paradise on Earth. This endeavor called for a professionalization of the tourist activity, compensated for by a discourse on authenticity aimed at limiting commercial excesses