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Renonciations et possession tranquille : l’abbé de Saint-Pierre, la paix d’Utrecht et la diplomatie de la Régence
Author(s) -
Frederik Dhondt
Publication year - 2020
Publication title -
clio @ themis
Language(s) - French
Resource type - Journals
ISSN - 2105-0929
DOI - 10.35562/cliothemis.316
Subject(s) - humanities , philosophy , political science
L’abbé de Saint-Pierre (1658-1743) est un des penseurs les plus étudiés du début du dix-huitième siècle. Son projet « utopique » de paix perpétuelle fut publié pendant le Congrès de paix d’Utrecht (1712-1713), où des plénipotentiaires de diverses puissances européennes mirent fin à la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714). Comme le souligne Merle Perkins, les conceptions de Saint-Pierre, comme celles de Hobbes, partaient de la crainte comme fondement de l’ordre social et de la nécessité d’un arbitrage obligatoire. Saint-Pierre croyait en le dépassement de l’état de nature violent. L’élément-clé était la fixation des prétentions juridiques réciproques des souverains, source de querelles. En abandonnant les querelles, l’« Union européenne » pourrait assurer la « possession tranquille » des souverains. Le contexte diplomatique après la paix d’Utrecht était davantage compatible avec sa proposition que celui du début de la conférence, où Saint-Pierre fustigeait l’équilibre des pouvoirs. La paix était basée sur les renonciations réciproques des principaux prétendants à la succession d’Espagne. Saint-Pierre écrivit l’édition de 1717 de son Projet pour convaincre les diplomates du Régent, qui s’appliquaient à introduire une solution semblable pour les duchés de Parme et de Plaisance, et pour le Grand-Duché de Toscane. Le contexte de la diplomatie de la Régence explique les tentatives de l’abbé de formuler un message crédible, susceptible de convaincre les acteurs de la politique étrangère française.

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