
L'"américanisme" de Baudelaire chez les poètes québécois du tournant du XXe siècle
Author(s) -
Nelson Charest
Publication year - 2014
Publication title -
ameriquests
Language(s) - French
Resource type - Journals
ISSN - 1553-4316
DOI - 10.15695/amqst.v11i1.3829
Subject(s) - humanities , art , philosophy
Dans des Notes préparatoires qu’il amasse en vue d’écrire un article sur Baudelaire, Jules Laforgue relève ce qu’il appelle son « américanisme », un aspect qu’a bien mis en lumière un article de Daniel Grojnowski (2003). Selon Laforgue, Baudelaire a conservé de l’esthétique d’Edgar Poe, qu’il a traduit comme on sait, un goût pour l’image qui mêle l’idéal et le concret, dans une écriture marquée par la témérité, l’énormité et la crudité. En ce sens Baudelaire inaugure une nouvelle tradition qui commence à s’implanter dans la poésie française à la fin du XIXe siècle, où les œuvres communiquent de plus en plus avec les œuvres étrangères, américaines notamment. D’Émile Nelligan à Alfred Desrochers, Baudelaire demeure une source très présente, en qui on trouve un modèle de prosodie bien ciselée, d’âme sensible ou d’imagination fertile. Il est clair que les influences des poètes québécois, dès cette époque, sont métissées ; ce qui, paradoxalement, les situe en phase avec les esthétiques les plus innovantes du tournant du XXe siècle.