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Une méningo-encéphalite récurrente
Author(s) -
A Rousselot,
M Reichhart
Publication year - 2011
Publication title -
swiss medical forum ‒ schweizerisches medizin-forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1424-4020
pISSN - 1424-3784
DOI - 10.4414/smf.2011.07541
Subject(s) - political science
Il s’agit d’un patient de 88 ans en bonne santé habituelle, avec antécédent d’hypotension orthostatique et une PSA augmentée en cours d’investigation. Il est hospitalisé pour un état confusionnel, des troubles de la marche et de la parole suivant une extraction dentaire. Cliniquement, il présente un syndrome méningé, un syndrome frontal avec persévération motrice et verbale, un grasping et des réflexes archaïques, ainsi que des signes extrapyramidaux et des myoclonies. Le reste du status est dans la norme. La ponction lombaire confirme une méningite avec une pléïocytose (51 leucocytes/mm3, 100% lymphocytes), une hyperprotéinorachie (1,7 g/l) et une glycorachie normale (3,4 mmol/l). Le patient est mis au bénéfice d’un traitement empirique antibactérien et antiviral. Les recherches microbiologiques sont restées négatives (PCR pour HSV1, HSV2, VZV, entérovirus, maladie de lyme, syphilis et encéphalite à tique). Un électroencéphalogramme démontre un tracé anormal par la présence de complexes triphasiques pseudo-périodiques, suggérant une maladie à prions. Une IRM cérébrale exclut une origine ischémique avec des séquences de diffusion normales. Plus précisément, ces séquences IRM n’objectivent pas d’hyperintensités corticales ou des noyaux gris centraux, comme décrits dans la forme sporadique de la maladie de Creutzfeldt-Jacob [1]. Finalement, la recherche de la protéine 14.3.3 reviendra négative dans le LCR. Le patient présente une évolution clinique très rapidement favorable qui permet d’arrêter le traitement antibiotique et d’exclure définitivement une maladie à prions. Une probable méningo-encéphalite virale est le diagnostic retenu. Trois mois plus tard, il présente à nouveau une somnolence évoluant vers un état confusionnel et des troubles de la marche, ceci dans les suites immédiates d’une nouvelle intervention dentaire. Cliniquement, on note un état fébrile à 38,2, des signes méningés et, à nouveau, un syndrome frontal ainsi que des signes extrapyramidaux de type parkinsoniens prédominant aux membres inférieurs. La ponction lombaire démontre une pléïocytose (65 leucocytes/mm3, 77% monocytes, 16% lymphocytes), une hyperprotéinorachie (1,2 g/l) et un glucose dans la norme (2,9 mmol/l). Les PCR et cultures ne mettent pas en évidence d’éléments infectieux. Un nouvel électroencéphalogramme sera cette fois dans les limites de la norme. On remarque que les deux épisodes ont eu lieu environ 24 heures après une intervention dentaire qui a motivé à chaque fois l’administration d’ibuprofène à but antalgique. Face à une histoire clinique typique avec récurrence et par exclusion d’autres diagnostics étiologiques, nous concluons à une méningo-encéphalite aseptique induite par l’ibuprofène.

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