La recherche fondamentale dans le domaine de la paraplégie: nouveaux espoirs?
Author(s) -
C Pot,
ME Schwab
Publication year - 2003
Publication title -
swiss medical forum ‒ schweizerisches medizin-forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1424-4020
pISSN - 1424-3784
DOI - 10.4414/smf.2003.04858
Subject(s) - humanities , philosophy
Les séquelles motrices et sensorielles des lésions de la moelle épinière (LME) sont particulièrement traumatiques et le plus souvent définitives. En Suisse, on compte 160 à 180 nouveaux cas de para/tétraplégies par année. Plus de 50% des patients ont entre 15 et 25 ans. Aux Etats-Unis, environ 10000 nouveaux cas par année sont dénombrés, dont 40% sont dus à des accidents de voitures, 25% à des actes de violence, 20% à des chutes et 5–10% sont provoqués par des accidents de sport [1]. En 2500 AC, les Egyptiens avaient déjà caractérisé la paraplégie et décrété son incurabilité (fig. 1). Quels seront les traitements de demain? Actuellement, le seul traitement médicamenteux utilisé de routine en clinique est le méthylprednysolone administré en urgence. Les patients sont ensuite pris en charge dans des centres de réhabilitation, où une rééducation personnalisée est mise en place. Ces traitements ont été exposés en détails par le professeur Dietz dans l’édition du 31 juillet 2002 de ce même journal. Dans cet article, nous présenterons les principales découvertes prometteuses, les substances testées sur des modèles de LME animaux ainsi que les traitements envisageables chez l’homme. Pour commencer, évoquons brièvement les jalons de ces recherches: comme il est établi depuis le 19e siècle, les nerfs du système nerveux central (SNC: moelle épinière et cerveau) ne se régénèrent pas spontanément après interruption de leurs axones. En revanche, les nerfs du système périphérique sont capables à la suite d’une axotomie (interruption nerveuse) de pousser et de se reconnecter avec les organes cibles. C’est en 1830 que l’anatomiste T. Schwann montre pour la première fois que les fibres nerveuses d’un nerf sciatique de lapin sont capables de repousser après une interruption. Soixante ans plus tard en Espagne, S. Ramon y Cajal analyse plus précisément la repousse des nerfs du SNC; il note alors que les fibres ébauchent un bourgeonnement mais que ce dernier est presque aussitôt supprimé. Depuis les années 1980, les découvertes ont considérablement progressé: A. Aguayo montre que les nerfs du SNC peuvent se régénérer dans une greffe de nerf périphérique. A Zurich, notre laboratoire découvre les effets inhibiteurs associés à la myéline centrale et un anticorps (IN-1) capable de promouvoir la régénération des fibres du SNC et d’améliorer considérablement la motricité de rats paraplégiques. En 1990, J. Silver identifie des molécules de la matrice extracellulaire, les protéoglycans, entravant la croissance axonale. Parallèlement, G. Raisman et A. Ramon-Cueto utilisent pour la première fois des cellules (cellules gliales olfactives encapsulantes) capables de guider des axones dans le SNC. Cette année, aux EtatsUnis, M. Filbin et M. Tessier-Lavigne montrent une régénération axonale favorisée par l’injection d’AMPc dans les neurones. Beaucoup d’espoirs sont également portés sur l’utilisation de cellules souches pour remplacer le tissu lésé. Nous nous proposons de vous présenter ces dernières découvertes et de vous exposer comment il convient: – d’éviter la mort des neurones, – de favoriser la repousse des axones, – de remyéliniser les fibres nerveuses pour qu’elles soient fonctionnelles. La recherche fondamentale dans le domaine de la paraplégie: nouveaux espoirs?
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