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Quarante ans d'engagement à dénoncer la «Guerre à la drogue»
Author(s) -
Jean Martin,
Nils Robert
Publication year - 2016
Publication title -
schweizerische ärztezeitung
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1424-4004
pISSN - 0036-7486
DOI - 10.4414/saez.2016.04872
Subject(s) - humanities , political science , psychology , art
Christian-Nils Robert est professeur honoraire de droit pénal à l’Université de Genève. Ce livre, qui montre son combat dès les années 1970 contre les idées reçues (pour une bonne part importées dans la foulée de la «Guerre à la drogue» décrétée par Richard Nixon), rappelle de vifs souvenirs à ceux qui ont été impliqués alors dans les questions relatives aux drogues et à la toxicomanie. Je l’ai été depuis 1976, revenant de l’étranger après avoir pu observer la «scène» des Etats-Unis, avec entre autres la consommation à large échelle de marihuana dans la population jeune, sur les campus en particulier. Je n’étais ainsi guère prohibitionniste (ai à l’époque écrit à une dame âgée de mes proches qu’elle verrait le jour où le cannabis serait vendu en kiosque comme le tabac – et me suis donc bien trompé). La position affirmée du prof. Robert m’était néanmoins apparue très libérale... Il avait observé les dégâts qu’occasionnait la prohibition alors qu’il était directeur du Service genevois de protection de la jeunesse – prohibition renforcée en Suisse depuis un arrêt du Tribunal fédéral de 1969. Et il a écrit et dit des choses tout à fait «décoiffantes» pour la doxa de l’époque, en étant bien seul en Suisse romande si mon souvenir est bon (quelques médecins alémaniques s’engageaient dans le même sens). A l’époque, je travaillais sous des responsables politiques aux thèses rigoristes voire punitives – et erronées (mais ma liberté de parole publique était évidemment limitée). Nombreux étaient ceux qui affirmaient vigoureusement que l’abstinence était le seul objectif qui vaut, et qui n’aimaient guère les modalités moins astreignantes de prise en charge. Mettant ainsi de côté les immenses difficultés et la souffrance de celles et ceux qui ne parvenaient pas à «s’en sortir», ou qui pour s’en sortir avaient besoin de temps. Avec l’arrivée en force du VIH/sida à la fin des années 1980, il a fallu chez nous beaucoup expliquer, voire aller à la limite de la désobéissance civile, pour faire admettre la vente libre des seringues en pharmacie, puis leur distribution gratuite. Cependant, notamment parce que la démarche avait le soutien d’un psychiatre estimé, le Dr Aldo Calanca, Vaud avait mis en place dès 1980 un programme de méthadone – qui s’est élargi avec les années. Et, progressivement, on a pu convaincre que si l’abstinence était le but idéal, il était impératif de mettre à disposition une variété de formes d’accompagnement et de traitement. Le livre de C.-N. Robert regroupe, sans modifications, ses écrits au cours de quatre décennies sur la politique de la drogue. Le moins qu’on puisse dire est que cela «donne à réfléchir» sur la lenteur de l’évolution des attitudes et prescriptions légales; une lenteur à voir et admettre la

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