L'erreur partagée en médecine de premier recours
Author(s) -
Idris Guessous
Publication year - 2018
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2018.03244
Subject(s) - political science , humanities , philosophy
Le numéro actuel de la revue Forum Médical Suisse pré sente trois articles [1–3] qui abordent l’erreur médicale, dont deux d’entre eux traitent plus particulièrement de l’erreur en médecine de premier recours. Tout en soulignant la grande variabilité des estimations, les auteurs de ces différents articles nous rappellent que la fréquence des incidents dans la pratique de la médecine de premier recours est en fait élevée (jusqu’à 2–3 inci dents pour 100 consultations). La solution pour iden tifier et gérer les erreurs médicales semble reposer sur l’équation «culture + outils + bénéfice». Les no tions de culture propice à la déclaration de l’erreur, d’une part, et d’outils facilitant leur déclaration, d’autre part, sont souvent discutées [4]. La nécessité d’un bénéfice pour celui ou celle qui rapporte l’erreur est par contre moins évidente et pourtant fondamen tale. Quittancer la déclaration, proposer une analyse de l’évènement et, idéalement, une procédure permettant d’éviter que l’erreur ne se reproduise sont autant d’inci tations pour collaborer à cette démarche. C’est précisé ment cet effort d’expertise rapide («les rapports sont analysés par des experts entraînés [...], les rapports sont analysés rapidement et des recommandations sont rapidement diffusées») qui peut être difficile à assurer en médecine de premier recours. Qui et quelle ressource pour assurer cette mission? Si dans certaines grandes institutions on peut désormais s’appuyer sur des «quality officers», le défi est certaine ment tout autre pour des médecins de premier recours réunis en plus petites structures (par exemple en cabi nets de groupe) et qui s’efforcent de trouver du temps pour soigner leurs patients avant de pouvoir prendre soin de leurs processus d’identification d’erreurs po tentielles. Les auteurs des articles de ce numéro soulignent l’im portance des cercles de qualités comme cadres favo rables à l’échange et aux analyses en profondeur des erreurs. Ayant la chance d’animer moimême un cercle de qualité depuis plusieurs années, je confirme qu’il s’agit de moments propices à la discussion qui traite des erreurs. Par contre, d’autres outils me semblent indispensables pour adresser les quasiévènements. Aussi, j’aurai tendance à suggérer qu’une mutualisa tion des moyens (informatiques, processus, analyses, feedback, etc.) de détection et de gestion des erreurs, et surtout des quasiévènements soit développée entre les petites (cabinets médicaux), moyennes (centres mé dicaux) et grandes structures (hôpitaux) de médecine de premier recours. A l’instar du dossier patient partagé, nous devrions mettre en commun, entre professionnels de la santé, la détection et la gestion de l’erreur.
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