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Présence médicale en fin de vie
Author(s) -
Roland Kunz
Publication year - 2017
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2017.03001
Subject(s) - humanities , art
Lorsqu’il est question de notre attitude médicale vis-àvis de la mort, je vais m’autoriser à établir un parallèle quelque peu inhabituel entre un repas dans un restaurant gastronomique français et l’offre de la médecine moderne. La liste des entrées dans un restaurant français est longue, variée et alléchante. L’offre des «entrées» médicales, elle aussi, ne cesse de s’allonger, s’étendant de tests de dépistage pertinents à douteux, en passant par des mesures préventives, jusqu’aux tentations de la médecine anti-âge. La créativité des cuisiniers ne connaît aucune limite pour l’élaboration des plats principaux. La recherche et l’innovation en médecine donnent elles aussi sans cesse naissance à de nouvelles interventions curatives et approches thérapeutiques: la guérison des patients est le «plat principal» de l’activité médicale. Le plat principal cède ensuite sa place au dessert et les pâtissiers présentent un assemblage raffiné pour prolonger l’expérience gastronomique. Lorsque les possibilités de guérison de nos patients sont épuisées, nous disposons nous aussi aujourd’hui d’un vaste assemblage d’options thérapeutiques palliatives pour préserver la qualité de vie en cas de maladies chroniques incurables. Pourtant, durant des décennies, l’épilogue de l’expérience culinaire en France ne rivalisait pas avec la prestation du repas: le café final était une déception et une désillusion. C’est uniquement au cours des dernières années que l’on s’est attelé à la qualité de ce bouquet final, qui a ainsi pu être améliorée. Il en est de même pour la médecine: nous ne nous préoccupions à peine de la qualité à la fin de la vie, lors du décès imminent du patient. La recherche et l’enseignement n’accordaient guère de valeur au «end-of-life care». Un pas décisif a été franchi en 2006 avec les directives médico-éthiques «Soins palliatifs» de l’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM), avec l’objectif suivant formulé dans le préambule de ces directives: «encourager une attitude qui reconnaisse les limites de la médecine et accepte le décès d’un patient et le sentiment d’impuissance souvent éprouvé dans de telles situations.» [1]. Au cours des dernières années, les soins palliatifs ont fortement gagné en importance. Et je parle volontairement de soins palliatifs en tant qu’approche multi-professionnelle et interdisciplinaire, et pas uniquement de médecine palliative en tant que discipline médicale. Une recherche dans Pubmed en utilisant les termes «dying» et «end-of-life care» a montré que depuis le passage au niveau millénaire, plus de deux fois plus d’articles ont été publiés qu’auparavant durant une période similaire.

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