Gériatrie: Prévention santé chez les personnes âgées – un conseil de qualité pour vivre plus longtemps
Author(s) -
Thomas Münzer
Publication year - 2016
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2016.02555
Subject(s) - political science
Malgré les avancées médicales, de nombreux patients gériatriques souffrent de problèmes de santé. Les per sonnes très âgées sont les principales concernées par le risque élevé de devenir dépendantes. Selon les chiffres actuels de l’Office fédéral de la statistique, en Suisse, seules 5% des personnes âgées de 75 ans sont prises en charge dans des établissements, ce nombre s’élève à près de 20% chez les personnes âgées de 85 ans et à 40% chez les plus de 90 ans [1]. A l’échelle mondiale, la question se pose de savoir quelles sont les possibilités permettant de combattre le handicap et la dépendance à un âge avancé. Dans ce contexte, la prévention menée dans le cadre de la prise en charge au sein de la médecine de famille revêt une importance capitale. A l’instar du traitement, les me sures de prévention chez les patients gériatriques doivent être interdisciplinaires et multidimensionnel les. La mise en pratique de tels programmes de pré vention s’avère toutefois difficile. Le risque existe que des mesures de dépistage ou de prévention non ciblées, par exemple relatives au cancer du sein, au cancer de la prostate ou à l’anévrisme aortique, soient laborieuses, sources d’incertitude, voire responsables de domma ges. Entretemps, des options réalistes de mise en ap plication efficace de la «prévention chez les personnes âgées» se profilent, également au sein du ca binet de médecine de famille. Au cours des dernières années, la gériatrie suisse a apporté une modeste contribution à la recherche sur la prévention chez les personnes âgées. Si les visites pré ventives à domicile se trouvaient d’abord au cœur des études scientifiques [2], un instrument a été adopté au cours des dernières années, permettant d’établir de manière informatisée un profil de santé en s’appuyant sur les réponses à un questionnaire (health risk assessment, HRA) [3, 4]. Cet outil comprend d’une part des recomman dations envers une modification du compor tement de la personne concernée et, d’autre part, des conseils professionnels destinés aux médecins de fa mille. Les résultats d’une étude portant sur les effets à long terme, soit au bout de 8 ans, d’un HRA en Suisse ont récemment été publiés [5]. Dans le cadre de cette étude, plus de 2000 personnes âgées de plus de 65 ans et vivant de manière autonome à leur domicile ont été réparties en deux groupes. Le groupe d’intervention a reçu des recommandations écrites établies sur la base d’un questionnaire HRA ainsi qu’une offre de conseils individualisée par le biais d’une infirmière spécialement qualifiée, qui avait été préalablement convenue avec le médecin de famille. Le groupe témoin a bénéficié de l’accompagnement médical habituel. Les conseils fré quents portaient sur l’augmentation de l’activité phy sique, l’optimisation de l’alimentation, la médication, les vaccins, le dépistage du cancer et le traitement de la pression artérielle. L’intervention a entraîné une amé lioration considérable du comportement de santé et de prévention des personnes âgées sur une période de deux ans. Les participants du groupe d’intervention étaient physiquement plus actifs, avaient une alimen tation plus équilibrée ainsi qu’une prévention person nelle sur le plan de la santé plus complète. Autre élément nouveau de cette étude: la mortalité a été comparée au bout de 8 ans dans les différents groupes, révélant que l’espérance de vie était supérieure dans le groupe d’in tervention par rapport à celle du groupe témoin. Un cas de décès a ainsi pu être évité pour 21 personnes ayant bénéficié d’un HRA et d’un conseil préventif. La proximité à la pratique constituait un autre atout de l’étude. Cette dernière a été réalisée dans une région prédéfinie et non pas dans le cadre d’une sélection de cabinets ou de personnes âgées motivés, permettant ainsi de minimiser le biais de sélection. Toutefois, l’étude présente aussi des limites. Des résultats à long terme n’ont jusqu’à présent été obtenus nulle part ail leurs. De même, il n’a pas été possible de démontrer si l’effet positif sur le comportement de santé avait en traîné une réduction de la dépendance aux soins. Fon damentalement, le groupe de recherche a néanmoins montré qu’il était possible de mettre en application un modèle de prévention multidimensionnel efficace. Sur le plan financier, la reproduction d’un tel modèle repré sentera un défi pour le cabinet, puisque le HRA ne peut Thomas Münzer
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