Neurochirurgie: Perception de la douleur en cas de pathologie de la colonne vertébrale: différences entre les sexes?
Author(s) -
Oliver P. Gautschi,
Martin N. Stienen,
Gerhardt Hildebrandt,
Karl Schaller
Publication year - 2016
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2016.02536
Subject(s) - humanities , psychology , medicine , philosophy
La littérature actuelle fait état de différences indéniables entre les sexes en ce qui concerne la perception globale de la douleur. Le mécanisme pathologique sousjacent n’est pas encore clairement établi. En plus des facteurs génétiques et biologiques, les causes psychologiques, éducationnelles, culturelles et relatives à la motivation jouent également un rôle. On a parfois l’impression que les hommes sont «douillets» dans les situations courantes de maladie et/ou de douleurs. Des études expérimentales ont cependant montré que les femmes ont un seuil de la douleur plus faible et une tolérance à la douleur différente. De plus, les femmes seraient plus enclines à développer certaines douleurs chroniques. Des différences spécifiques au sexe ont été décrites non seulement en laboratoire et dans la population normale, mais également chez des patients présentant des pathologies de la colonne vertébrale lombaire. L’analyse d’un registre suédois comprenant 301 patients souffrant d’une pathologie discale, publiée en 2008, a mis en évidence un nombre significativement plus élevé de maux de dos chez les patients de sexe féminin [1]. Le même groupe d’auteurs a présenté l’année dernière une évaluation de 15 631 interventions portant sur le disque intervertébral [2]. Dans cette analyse aussi, les femmes se plaignaient de maux de dos et de jambes significativement plus sévères. Des résultats similaires ont également été rapportés chez des patients souffrant de sténoses du canal rachidien lombaire. Des différences entre les sexes ont été décrites non seulement pour ce qui est de la perception de la douleur, mais également en ce qui concerne les limitations fonctionnelles et la qualité de vie des patients présentant une pathologie lombaire. Mais ces conclusions suédoises sont-elles également valables pour les patients suisses? Des analyses menées par notre équipe chez 305 patients atteints de maladies dégénératives de la colonne vertébrale lombaire (avec un groupe de contrôle composé de 110 sujets sains) confirment ces conclusions, en tout cas pour ce qui concerne l’estimation subjective: avant l’opération, les femmes avaient des maux de dos et de jambes significativement plus sévères, des limitations fonctionnelles plus marquées (questionnaire d’Oswestry) et une qualité de vie amoindrie (EuroQol 5D et Short-Form 12) [3]. Curieusement, nos données n’ont cependant montré aucune différence lors du test préopératoire (test Timedup-and-go [TUG]), un test objectif de la douleur et de la restriction fonctionnelle. Il n’existait en outre des différences subjectives entre les sexes que dans le groupe de patients, et non dans le groupe de contrôle sain. Il se pourrait donc que les échelles subjectives utilisées pour évaluer les patients soient à l’origine d’un «gender bias». Par ailleurs, il semble y avoir des facteurs d’influence responsables des différences subjectives au sein de la population «malade», mais pas au sein du groupe de contrôle sain. Les données disponibles ne
Accelerating Research
Robert Robinson Avenue,
Oxford Science Park, Oxford
OX4 4GP, United Kingdom
Address
John Eccles HouseRobert Robinson Avenue,
Oxford Science Park, Oxford
OX4 4GP, United Kingdom