Erythroferrone: encore une nouvelle hormone!
Author(s) -
Ferdinand Martius,
Reto Krapf
Publication year - 2014
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2014.02119
Subject(s) - gynecology , medicine
Après une perte de sang, une érythropoïèse accrue (visible à la réticulocytose) est nécessaire à la régénération. Cela est uniquement possible si l’érythropoïèse peut «compter» sur une disponibilité améliorée du fer. Quel lien unit l’érythropoïèse et la disponibilité accrue du fer après une anémie posthémorragique? L’anémie posthémorragique entraîne une augmentation de la sécrétion rénale d’érythropoïétine induite par l’hypoxie tissulaire, ce qui se traduit par une érythropoïèse accrue. En vue d’une disponibilité accrue du fer, l’hepcidine synthétisée dans le foie doit en outre être supprimée. L’hepcidine est le régulateur central du fer dans le corps humain et elle est sécrétée de façon constitutive, inhibant ainsi à la fois l’absorption intestinale du fer et la libération de fer par les macrophages. L’hepcidine est donc un mécanisme de régulation contre la surcharge en fer (sa production augmente en fonction de la quantité de fer) et elle agit de manière similaire à la fois dans les macrophages et dans les entérocytes du duodénum. L’hepcidine freine la fuite du fer de ces cellules vers le sang, fuite qui est médiée par le transporteur ferroportine. L’hepcidine provoque l’internalisation et ainsi la dégradation de la ferroportine (fig. 1A et B ). Des mutations du gène de l’hepcidine et de la ferroportine sont des causes (rares) d’hémochromatoses, ce qui corrobore le rôle central de cette molécule. Fait peut-être connu, l’hepcidine est également stimulée par des signaux inflammatoires (par ex. l’interleukine 6 et le lipopolysaccharide), expliquant (en partie) la séquestration du fer d’origine inflammatoire et l’anémie en cas de maladies chroniques. Comme mentionné précédemment, l’hepcidine est supprimée en cas d’anémie post-hémorragique, entraînant une augmentation de l’absorption et de la libération du fer et établissant ainsi la connexion entre érythropoïèse et métabolisme du fer. La nature de ce signal de couplage était cependant inconnue. On parlait vaguement d’un «signal érythropoïétique» qui entraînerait la suppression de l’hepcidine. Désormais, le groupe de recherche mené par Tomas Ganz, qui avait déjà découvert l’hepcidine, a caractérisé ce «signal érythropoïétique» et lui a donné le nom provisoire d’«érythroferrone» [1]. Une saignée ou une administration d’érythropoïétine synthétique entraîne (chez les souris) une stimulation de la synthèse d’érythroferrone. Curieusement, le gène de l’érythroferrone est exprimé dans différents tissus, mais son expression par l’érythropoïétine peut uniquement être stimulée dans la moelle osseuse hématopoïétique. Il a en outre pu être démontré que la stimulation de la synthèse de l’érythroferrone est une condition
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