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Génetique: Gros titres de l’année 2013 dans le domaine de la génétique
Author(s) -
Dunja Niedrist
Publication year - 2014
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2014.01786
Subject(s) - humanities , art
En mai 2013, Angelina Jolie a fait éclater la nouvelle, dé clenchant ainsi une discussion à l’échelle mondiale. De plus en plus de femmes se sont alors présentées en consultation génétique pour connaître leur risque per sonnel de développer un cancer du sein et demander à faire le test génétique. Les femmes ne venaient généra lement pas parce qu’elles étaient fan de Madame Jolie, mais parce qu’elles se faisaient déjà du souci depuis longtemps tout en étant parvenues à contenir leur peur jusqu’alors. Néanmoins, avec Madame Jolie, le thème est revenu à l’ordre du jour, poussant enfin les femmes à poser leurs questions à un médecin. Le cancer du sein est l’un des cancers les plus fréquents et il est estimé que le risque moyen qu’une femme dé veloppe un cancer du sein au cours de sa vie s’élève à env. 1:10. Dans la grande majorité des cas, le cancer du sein survient de manière sporadique et une prédisposi tion familiale est uniquement présente dans 5–10% des cas. En cas de prédisposition familiale, le cancer du sein apparaît le plus souvent tôt (avant la ménopause), il est bilatéral ou concerne également des membres de la famille de sexe masculin. Dans environ la moitié des cas héréditaires, c.àd. 5% de tous les cancers du sein, la maladie résulte d’une mutation au niveau d’un «gène majeur», qui est le plus souvent transmis sur le mode autosomiquedominant. A ce jour, les deux principaux gènes majeurs qui ont pu être identifiés pour le cancer du sein sont les gènes sup presseurs de tumeur BRCA1 et BRCA2. Chez les femmes, les mutations du gène BRCA1 sont également respon sables du cancer des ovaires en plus du cancer du sein et chez les hommes, ces mutations sont responsables du cancer de la prostate. Les mutations du gène BRCA2 sont responsables du cancer du sein chez les deux sexes, du cancer des ovaires, du cancer de la prostate, du cancer du pancréas, du cancer de la vésicule biliaire, du cancer de l’estomac et du mélanome. Les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 sont transmises sur le mode auto somique dominant. Il est néanmoins essentiel de préci ser que la pénétrance des mutations du gène BRCA1 ou BRCA2 n’est pas complète: seuls 85–90% des porteurs d’une mutation développent effectivement un cancer, alors que 10–15% des porteurs d’une telle mutation ne développent pas de signes de maladie. En cas de prédisposition génétique au cancer du sein, en plus des gènes suppresseurs de tumeur BRCA1 et BRCA2, des gènes modificateurs (par ex. polymorphismes au niveau du récepteur des androgènes) et des facteurs en vironnementaux (grossesses, allaitement, hormonothé rapies) jouent également un rôle majeur. Des communiqués de presse précisent que la mère de Madame Jolie a développé un cancer des ovaires à un âge jeune et en est décédée. Un test génétique BRCA aurait mis en évidence une mutation pathogène chez la mère de Madame Jolie et cette même mutation aurait à pré sent aussi été identifiée chez Madame Jolie. Pour cette raison, elle a subi une mastectomie et envisage également de subir une ovariectomie. Comme dans le cas de la fa mille Jolie, un test génétique est généralement d’abord réalisé chez un membre de la famille touché (patient index). Une mutation familiale doit d’abord être identi fiée chez ce patient avant qu’un test génétique pertinent ne puisse être proposé aux autres membres asymp tomatiques de la famille; après avoir bénéficié d’une consultation génétique (obligatoire d’après la LAGH) et en disposant de toutes les informations nécessaires, ces personnes peuvent décider de réaliser ou non le test et de se soumettre ou non aux mesures correspondantes de prévention et de dépistage précoce.

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