Ostéogenèse imparfaite: manifestations cliniques, diagnostic et prise en charge de l’enfance à l’âge adulte
Author(s) -
Luisa Bonafé,
Cecilia Giunta,
Carol Hasler,
Marco Janner,
Marius Kränzlin,
Bianca Link,
Christian Meier,
Leonard E Ramseier,
Marianne Rohrbach,
Sheila Unger
Publication year - 2013
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2013.01670
Subject(s) - medicine
L’ostéogenèse imparfaite (OI) est un trouble de la forma tion et de l’homéostasie de la matrice osseuse, qui est hé térogène sur le plan clinique et génétique et se caractérise par une faible densité osseuse et par une solidité osseuse réduite. Il peut en résulter une fragilité osseuse accrue et des courbures secondaires des os longs. C’est pourquoi l’OI est également connue sous le nom de «maladie des os de verre». En plus des os, les tissus conjonctifs mous sont normalement aussi touchés. L’incidence de l’OI s’élève à 1–2:10 000 [1–4]. Ainsi, l’OI constitue la dysplasie squelettique héréditaire la plus fré quente. En plus de la fragilité osseuse excessive, la mala die se manifeste typiquement par un nanisme, par une cyphoscoliose, par des déformations thoraciques, et par une déformation caractéristique du crâne avec une saillie temporale et une brachycéphalie. Dépendant du type d’OI, les patients présentent des sclérotiques bleues, gris clair, mais également blanches, une surdité de conduction ou une surdité mixte, et une dentinogenèse imparfaite avec des dents opalescentes ayant une teinte grisbleu ou brun ambré. Parmi les autres caractéristiques de la ma ladie figurent également la peau fine, la fragilité vasculaire avec tendance hémorragique, l’hyper laxité articulaire, les hernies, l’hypotonie musculaire et occasionnellement, l’insuffisance valvulaire cardiaque. La classification historique de Sillence (1979) en types I–IV, sur la base des signes cliniques et radiologiques, a sans cesse été élargie au cours de ces dernières années (types V–VII) [5–7]. Dans la plupart des cas, l’OI est causée par une anomalie du collagène de type I, dont la structure en triple hélice est composée de deux chaînes alpha1(I) (COL1A1) et d’une chaîne alpha2(I) (COL1A2). Des défauts structu rels au niveau d’une des chaînes altèrent la forme des molécules de collagène et sont à l’origine d’une forma tion perturbée des fibrilles de collagène, ce qui donne lieu à des formes plus sévères d’OI (types II, III et IV). Les défauts quantitatifs entraînent une synthèse réduite mais correcte de collagène et ils sont dès lors associés à des phénotypes plus légers d’OI (type I). Chez 90% des patients, des mutations autosomiques dominantes (AD) au niveau de COL1A1 et COL1A2 sont la cause de l’OI. Chez env. 6–8% des patients atteints de formes modérées à létales d’OI ayant fait l’objet d’un diagnostic clinique, une transmission autosomique récessive (AR) a pu être mise en évidence au cours des dernières années. A ce jour, au moins neuf gènes ont été associés à l’OI à trans mission AR (tab. 1 ). Contrairement à l’OI à transmis sion AD, les formes à transmission AR ne sont pas causées par des anomalies structurelles ou quantitatives du col lagène de type I, mais par des défauts au niveau de la for mation, de la maturation, du transport et de la sécrétion du collagène de type I (tab. 1). Dans les 2–4% de cas res tants, où aucune transmission AD ou AR n’a été mise en évidence, un mosaïcisme germinal pourrait être en cause. L’évolution clinique et le degré de sévérité de l’OI dépen dent fortement du type et de la localisation du défaut du collagène de type I ou du type et de la localisation de la mutation au niveau d’autres gènes. Ceci explique la Quintessence
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