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Dermatologie et vénéréologie: Infections sexuellement transmissibles: la Suisse et sa triste place de leader en Europe
Author(s) -
S Lautenschlager
Publication year - 2012
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2012.07728
Subject(s) - medicine
Les infections sexuellement transmissibles (Sexually Transmitted Infections, STI) constituent un important probleme, tant en termes de prise en charge medicale que de sante publique, dans le monde en general et en Europe en particulier. Les femmes, les populations marginales et les sujets a high-risk sexual lifestyle sont davantage exposes, si bien que les STI font l’objet depuis de nombreuses annees d’une attention particuliere de la part des autorites de sante europeennes [1]. Dans les pays du Tiers-Monde, les STI sont parmi les premieres causes de morbidite et de mortalite avec des consequences non negligeables sur la sante des populations concernees et avec un poids socio-economique considerable. On connait aujourd’hui plus de 30 agents sexuellement transmissibles sevissant a travers le monde et englobant des bacteries, des virus, des levures, des protozoaires et des ectoparasites. Depuis 1975, pas moins de douze nouveaux agents infectieux ont ete decouverts, notamment des mycoplasmes, tels que Mycoplasma genitalium, le virus herpes humain de type 8, le virus de l’hepatite C et, bien entendu, le HIV. Les infections a virus du papillome humain (HPV), herpes et chlamydias sont parmi les plus frequentes, alors que les infections a virus de l’hepatite B, le HIV, la syphilis et la gonorrhee sont plus rares. Selon des estimations de l’Organisation Mondiale de la Sante (OMS, 2005), 448 millions de cas de STI curables (syphilis, gonorrhee, chlamydioses et trichomonases) se declareraient chaque annee au niveau mondial dans la population des 15–49 ans [2]. Ces affections sont traitables moyennant un diagnostic correct et des traitements appropries, abstraction faite du probleme croissant des resistances dans la gonorrhee [3]. Les insuffisances en matiere de diagnostic et l’absence de traitement peuvent cependant s’averer desastreuses pour les personnes touchees, ainsi que pour le deroulement des grossesses et les nouveau-nes. Une syphilis precoce non traitee entraine dans 60% des cas une transmission au nouveau-ne avec des sequelles definitives parfois graves et meme, chez plus d’un tiers d’entre eux, une issue fatale [4]. Une infection par le virus herpes simplex chez un nouveau-ne (herpes neonatorum) peut entrainer des lesions neurologiques irreversibles gravissimes, voire letales. Chez la femme, les principales complications sont les infections ascendantes, les grossesses extra-uterines et la sterilite, pour n’en citer que quelques-unes, et ceci tout particulierement lors d’infections a chlamydia. Les STI (HPV, hepatite B) sont aussi d’importants cofacteurs dans le developpement de certaines tumeurs malignes. Toutes les maladies sexuellement transmissibles ont par ailleurs en commun – principalement dans les formes ulcereuses – un risque accru d’acquisition et de transmission du HIV [5]. En Europe occidentale, on a pu observer jusqu’au debut des annees 1990 une forte diminution de l’incidence des STI classiques. Cette evolution a ete d’abord attribuee aux campagnes de prevention contre le HIV tres actives et ensuite a la mortalite initiale tres elevee du SIDA dans les groupes a haut risque [6]. Depuis 1995, la tendance en Europe occidentale est a nouveau a l’augmentation, comme l’ont confirme, avec un certain decalage, les observations faites en Suisse [7–9]. Il existe aujourd’hui pour les laboratoires une obligation d’annonce des infections a Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae, Treponema pallidum et les hepatites A, B, C, ainsi que le HIV. Les donnees epidemiologiques dont nous disposons se limitent par consequent a ces STI.

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