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Interfaces et transitions: danger !
Author(s) -
Gérard Waeber
Publication year - 2012
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2012.01331
Subject(s) - computer science , geology
La survenue d’événements critiques et indésirables n’est malheureusement par rare lors d’un séjour hospi talier. Les risques d’erreur sont multiples par exemple lors de prescriptions médicamenteuses ou lors de la prise en charge de situations complexes et/ou de poly morbidités. Ils sont aussi liés aux difficultés de commu nication en relation aux interfaces entre professionnels et entre différents secteurs de l’hôpital. Ces risques sont également particulièrement marqués lors des transi tions entre séjour hospitalier et prise en charge ambu latoire. Ainsi, l’organisation de la sortie de l’hôpital d’un patient constitue un acte médical important qui doit être anti cipé, structuré et accompagné. Dans le contexte de l’im plantation des DRG, le risque d’aboutir à une réhospi talisation précoce est pénalisant pour l’hôpital. Il semble qu’un patient sur cinq vit un événement indé sirable lors de ce passage de l’hôpital à son domicile et que 62% de ces incidents auraient pu être évités [1]. Quelques stratégies d’amélioration semblent efficaces, en incluant par exemple la présence d’un pharmacien clinicien qui assure une relecture attentive de la pres cription médicamenteuse de sortie [2]. Dans une étude randomisée contrôlée récente, menée chez des patients âgés de plus de 60 ans, à qui cinq médicaments au mini mum avaient été prescrits, l’intervention d’un pharma cien clinicien a permis de réduire significativement la survenue d’erreurs et d’effets secondaires médicamen teux chez ces patients [2]. Par contre, la gestion des examens de laboratoire reste un axe d’amélioration dans nos hôpitaux. Il n’est pas rare que des résultats d’examens et autres tests diag nostiques ne soient jamais consultés ou interprétés. Ceci peut conduire à des erreurs potentiellement graves. Une étude australienne récente s’est intéressée aux examens de laboratoire prescrits le jour de sortie dans un hôpital universitaire [3]. Un dossier informatisé per mettait de tracer les demandes d’examens, leur lecture et vraisemblablement leur interprétation. L’étude a porté sur 662 858 examens de laboratoire effectués pour 6736 patients. De toutes ces demandes, 3,1% des résul tats n’ont pas été consultés jusqu’au dernier jour de l’hospitalisation, et 1,5% ne l’avaient toujours pas été deux mois après le départ du patient. De manière inté ressante, 6,8% de l’ensemble des tests avaient été or donnés le jour du départ de l’hôpital, et ce sont ces ré sultats en particulier qui n’ont pas été examinés. A re lever que près de 14,7% des résultats non consultés avant le départ du patient étaient considérés comme pathologiques et auraient possiblement conduit à une modification de prise en charge. En résumé, la proba bilité qu’un résultat d’examen soit interprété devient de plus en plus faible à mesure que l’on s’approche de la date de sortie du patient! Cet article illustre la difficulté à gérer la transition com plexe du milieu hospitalier aux soins en ambulatoire et les risques d’erreur encourus. La nécessité d’optimali ser la sortie de l’hôpital doit être reconnue par l’en semble des acteurs de santé comme un objectif priori taire, pour lequel les procédures doivent être formalisées. Il nous incombe également à tous de viser une amélio ration dans ce sens et de développer des axes d’en seignement au niveau pré et postgradué en relation à la gestion des transitions et de la communication.

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