Incontinence urinaire de la femme: quelle est la marche à suivre au cabinet du médecin de famille?
Author(s) -
Jürgen Humburg
Publication year - 2011
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2011.07678
Subject(s) - art
La International Continence Society (ICS) définit l’incontinence urinaire comme une perte involontaire et dérangeante d’urines. Cette définition très générale et peu spécifique mérite d’être complétée en précisant le type d’incontinence, sa fréquence, son degré de sévérité, ses répercussions sur l’hygiène et la qualité de vie et ses conséquences sociales. Il convient également de déterminer si et dans quelle mesure la personne touchée cherche de l’aide. Dans le cadre de la pratique clinique quotidienne, il est évident que l’incontinence urinaire affecte de nombreuses sphères de la vie des femmes touchées, notamment leur bien-être physique et psychique, leur sexualité, leurs relations sociales, ainsi que leur vie privée et professionnelle. Une prise en charge individualisée, qui tient compte de ces facteurs lors du choix des examens et du traitement, est essentielle. Toutes les femmes incontinentes ne tirent pas un égal profit des nombreuses possibilités thérapeutiques. Ainsi, il devient également clair qu’un traitement optimal requière une collaboration interdisciplinaire, même si celle-ci n’a pas toujours lieu dans des centres spécialisés. Pourtant, l’incontinence urinaire est un sujet tabou, que les femmes touchées préfèrent dissimuler et masquer en recourant à des stratégies d’évitement, comme la miction prophylactique, ou en pratiquant des ajustements, comme la restriction des apports hydriques, plutôt que de s’attaquer au problème par des mesures thérapeutiques efficaces comme des modifications comportementales ou des traitements médicamenteux. Etonnamment, les médecins eux non plus n’abordent pas suffisamment le thème de l’incontinence urinaire. Etant donné que la prévalence de l’incontinence urinaire s’élève à 37% dans l’ensemble de la population féminine et que dans des études, les médecins de premier recours ont obtenu une amélioration de l’incontinence urinaire dans 60–70% des cas voire une continence, l’optimisation de la prise en charge des femmes incontinentes pourrait clairement constituer une source considérable d’économies. L’incontinence urinaire induit non seulement des coûts directs liés aux examens, aux médicaments et aux interventions, mais également des coûts indirects en raison des comorbidités importantes associées, comme les chutes et les traitements des fractures. Les coûts estimés dans les autres pays se chiffrent en centaines de millions d’euros (Espagne, Italie, Australie et Etats-Unis). Malheureusement, des données à ce sujet ne sont pas disponibles pour la Suisse. Cet article aborde les principales formes d’incontinence urinaire chez la femme, au regard de leur fréquence dans la pratique clinique quotidienne, et il s’adresse aux médecins de premier recours. Il expose également les examens et les mesures qu’il est judicieux et possible de réaliser au cabinet du médecin de famille.
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