GHB: substance naturelle, drogue et médicament
Author(s) -
Robert Hämmig
Publication year - 2011
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2011.07649
Subject(s) - pharmacology , medicine
L’acide gamma-hydroxy-butyrique (GHB) a fait l’objet d’une certaine attention dans les médias comme «party drogue» ces dernières années. Il est souvent faussement appelé drogue de designer. Les drogues de designer sont des substances partant d’une structure chimique donnée et modifiées de manière à avoir un effet stupéfiant. Le GHB est cependant une substance qui se trouve à l’état naturel dans des plantes et chez des animaux. Le GBH endogène est métabolisé à partir du GABA (acide gamma-amino-butyrique) mais peut aussi être un précurseur dans le métabolisme du GABA. C’est en 1874 déjà qu’a été décrite la première synthèse du GHB mais ce n’est que vers 1960 qu’il a commencé à être utilisé en anesthésie. En raison de son absence d’analgésie et de ses effets indésirables, il a été remplacé par d’autres médicaments dans la plus grande partie des pays. Dans les années 1980, le GHB était apprécié par les body-builders comme complément nutritionnel car il fait sécréter davantage d’hormone de croissance et est donc supposé avoir un effet anabolisant. Dans certains clubs et certaines soirées, le GHB a été de plus en plus apprécié dans les années 1990 pour son effet aphrodisiaque et relaxant, comme celui de l’alcool. Avec sa consommation toujours plus répandue, de plus en plus de cas de surdosages, certains à issue fatale, ont été déclarés, de même que des syndromes de dépendance isolés, et des rapports sur le GHB comme drogue «date-rape» ont circulé, à savoir drogue rendant sa victime sans volonté contre une agression sexuelle. Ce qui a fait que le GHB a été enregistré comme stupéfiant au niveau international. En Suisse aussi, le GHB figure come acide 4-hydroxybutyrique dans le tableau a de l’annexe à l’ordonnance du DFI sur les stupéfiants, substances psychotropes, précurseurs et adjuvants chimiques (Ordonnance sur les tableaux des stupéfiants [OTStup-DFI]) et est ainsi une substance contrôlée. Ce tableau comporte en outre la remarque précisant que son ester gammabutyrolactone (GBL) est exclu du contrôle s’il est utilisé dans l’industrie. In vivo, le GBL est rapidement transformé en GHB par des lactonases dépendant du calcium et c’est donc un précurseur du GHB. Un autre précurseur est le 1,4-butanediol (1,4-BD), qui est transformé en GHB dans le foie par l’alcool-déshydrogénase et l’acétaldéhyde-déshydrogénase. Le GHB n’est pas utilisé dans l’industrie chimique mais le GBL et le 1,4-BD sont très demandés comme solvants et émollients plastiques, par ex. dans la fabrication de polyuréthanes, colorants, dissolvants de vernis à ongles, etc. Une réglementation sur les stupéfiants tout aussi stricte que pour le GHB n’est donc pas possible sans pénaliser gravement l’industrie. Selon le Centre Suisse d’Information Toxicologique, le GBL ne s’est largement répandu qu’après que le GHB ait été soumis au contrôle des stupéfiants. Le 1,4-BD et les autres précurseurs potentiels que sont le gamma-valérolactone (GVL) et le gamma-hydroxybutyraldéhyde ne semblent pas être beaucoup utilisés comme drogues. Sous forme sèche, le GHB est une poudre blanc jaunâtre saponifiée ayant tendance à faires des grumeaux en raison de ses caractéristiques hygroscopiques. Il a un goût salé et est pratiquement inodore. Il circule en solution dans l’eau et le consommateur ne peut avoir aucun contrôle de sa dose. La solution est limpide ou légèrement opalescente.
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