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Internet, sexe et dépendance: clinique et traitement de la dépendance au sexe sur Internet
Author(s) -
Wang Mei-li,
Suzana Susi Pfeifer
Publication year - 2011
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2011.07612
Subject(s) - the internet , political science , humanities , art , computer science , world wide web
Bien qu’on attribue aujourd’hui déjà aux termes de «dépendance au jeu» ou «achats compulsifs» la notion de trouble du comportement, les systèmes de classification psychiatriques actuels (CIM-10, DSM IV) n’associent les abus ou les dépendances qu’à des substances (alcool, drogues, médicaments, etc.). L’arrivée de l’Internet et avec lui son usage compulsif implique de plus en plus un élargissement de la notion de dépendance, y compris en direction des troubles du comportement. On parle ainsi aujourd’hui de «dépendances non liées à des substances» ou de comportements compulsifs. La prochaine version du DSM (DSM V) tiendra compte de cette évolution [1]. Dans la dépendance à la pornographie sur Internet (fig. 1 x), il s’agit d’un usage compulsif des contenus pornographiques de l’Internet, notamment des photos, des films, des chats (avec ou sans webcams) et d’autres outils interactifs (cybersexe). Il ne manque pas d’offres dans ce domaine: le nombre de sites pornographiques représente ainsi 12% de l’ensemble des sites Internet. 25% des demandes soumises aux moteurs de recherche et 35% des téléchargements concernent des contenus pornographiques [2], qui peuvent aller de la pornographie dite douce au «hardcore» proprement dit (représentation explicite d’activités sexuelles, les organes génitaux étant ouvertement exposés durant l’acte sexuel, à la représentation de préférences ou de techniques préférentielles, telles que rapports oraux ou anaux, sexe en groupes, sexe avec obèses, personnes âgées, etc.), voire à des pratiques interdites par la loi comme les violences ou la pornographie enfantine. Dans ces cas, les offres peuvent être de nature sadique avec des tortures, voire des meurtres («snuff videos»). Le terme juridique «pornographie dure» ne recouvre pas ce qu’on entend dans le langage commun par «hardcore», mais désigne les actes avec des enfants, des animaux, les représentations sexuelles à connotation violente ou associées à l’émission d’excréments (urine, selles). La possession et en particulier la diffusion de représentations et de supports contenant de la pornographie dure sont punissables au sens de la loi. La consommation de contenus pornographiques sur Internet est très répandue dans le monde entier. Il n’existe toutefois que trop peu de données sur la prévalence pour établir des estimations fiables, mais une enquête américaine en ligne, réalisée en 2008 et qui a interrogé plus de 15000 personnes, a montré que 75% des hommes et 41% des femmes sont des consommateurs de pornographie sur Internet [3]. Le mode de consommation diffère cependant entre les hommes et les femmes: les consommateurs de sexe masculin se concentrent principalement sur du matériel photo-vidéo, tandis que les femmes préfèrent le chat érotique et acceptent plus volontiers les rencontres concrètes [3].

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