Somnolence diurne: que faire après exclusion dun syndrome dapnées du sommeil?
Author(s) -
José HabaRubio,
Raphaël Heinzer
Publication year - 2011
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2011.07483
Subject(s) - somnolence , medicine , biology , adverse effect
Si votre patient s’endort involontairement dans votre salle d’attente, en lisant le journal, ou pire encore au volant de sa voiture, vous devriez vous intéresser à son sommeil et rechercher la cause de sa somnolence. Les patients somnolents ne rapporteront pas toujours spontanément cette plainte car si la somnolence se développe progressivement sur plusieurs années, le patient ne réalisera pas toujours son caractère pathologique. Dans notre société, la somnolence diurne a encore tendance à être banalisée et attribuée en premier lieu à un problème de style de vie. Ce n’est que depuis quelques dizaines d’années que l’on réalise le handicap professionnel et social que ce problème peut engendrer pour nos patients et ses conséquences sur le risque d’accidents de la route ou professionnels. Dans la population générale, la présence quotidienne d’une somnolence diurne subjective est estimée à environ 7% des hommes et 11% des femmes d’âge moyen dans une étude scandinave portant sur plus de 11000 sujets [1]. Une autre étude québécoise à trouvé une prévalence de 5,5% de somnolence sévère et 15,2% de somnolence modérée dans une population générale de plus de 15 ans [2]. Si l’on mesure objectivement la somnolence diurne par un test de latence au sommeil (voir ci-dessous) dans une population américaine âgée de 30 à 60 ans, on trouve une somnolence diurne pathologique chez 25% d’entre eux avec un endormissement moyen en moins de 5 minutes à 5 moments différents de la journée [3]. La somnolence diurne excessive peut se définir comme une tendance à s’endormir de manière involontaire pendant la journée. Elle doit être distinguée de la fatigue physique secondaire à une maladie cardiorespiratoire, ou endocrinienne par exemple [4]. Il faut aussi faire la différence entre la somnolence et l’asthénie ou la clinophilie que l’on peut trouver dans la dépression. Dans ce cas, le patient ressentira une forte fatigue et une forte envie de se coucher (clinophilie), mais ne parviendra pas à réellement s’endormir pendant la journée. Une anamnèse précise et parfois des tests objectifs de latence au sommeil sont nécessaires pour bien identifier et surtout quantifier la somnolence. Les causes de somnolence peuvent être diverses. On peut les classer en différentes catégories: les somnolences induites, primaires et secondaires (tab. 1 p). Dans les hypersomnies primaires, on trouve en première place les apnées du sommeil qui ont fait l’objet d’un article précédant dans Forum [5] et qui ne seront pas abordées dans cette revue. De même, la somnolence secondaire aux maladies psychiatriques ou infectieuses serait un sujet trop vaste pour être traité dans cette revue. Nous allons par contre aborder les moyens d’évaluation de la somnolence de même que ses causes neurologique primaires, le syndrome de hautes résistances des voies aériennes, le syndrome de manque chronique de sommeil, les troubles moteurs pendant le sommeil ainsi que les troubles de l’horloge interne.
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