Traitement durgence du choc anaphylactique
Author(s) -
A Helbling,
M Fricker,
A Bircher,
P Eigenmann,
P Eng,
A KöhliWiesner,
G Müllner,
W Pichler,
P SchmidGrendelmeier,
F Spertini
Publication year - 2011
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2011.07462
Subject(s) - medicine
Le terme «anaphylaxie» n’est pas utilisé de façon uniforme. En général, il fait référence à une réaction d’hypersensibilité systémique grave et potentiellement fatale, de survenue rapide [1]. Seuls quelques minutes peuvent s’écouler entre le début des symptômes et l’obtention d’un tableau clinique complet d’anaphylaxie, qui peut se solder par le décès du patient [2, 3]. Même si la plupart des réactions anaphylactiques se déroulent en l’espace de 30 minutes, un état de choc peut également se manifester 1–2 heures après le premier contact [2]. Dans ce cas, des substances ingérées par voie orale sont le plus souvent en cause. Les déclencheurs les plus fréquents de réactions anaphylactiques sont les piqures d’hyménoptères, les médicaments et les denrées alimentaires [2–6]. Il n’est pas rare que des cofacteurs soient également impliqués (par ex. anaphylaxie alimentaire induite par l’effort; alcool ou anti-inflammatoires non stéroïdiens [y compris Aspirin®] conjointement avec protéines alimentaires et activité physique, infection virale et contact avec des allergènes) [2, 5, 7]. Les manifestations cliniques, qui concernent tout l’organisme (tab. 1 p), reposent sur une activation aiguë des mastocytes et des basophiles. Le mécanisme peut être IgE-médiée ou non IgE-médiée, ce qui n’est pas différentiable d’après les manifestations cliniques. L’incidence des chocs anaphylactiques potentiellement fatals est estimée à environ 10 cas pour 1 habitants par an en Suisse [3]. Par tranche d’1 million d’habitants, 1–3 personnes décèdent suite à une réaction allergique grave. L’anaphylaxie constitue une urgence médicale, d’où l’importance déterminante d’une prise en charge médicale précoce. Différentes analyses rétrospectives ont révélé que le traitement aigu des réactions allergiques graves différait souvent des directives et recommandations nationales et internationales [5, 6, 8–11]. Il est regrettable que l’adrénaline, qui est un médicament essentiel dans le traitement des réactions allergiques graves, soit utilisée trop rarement et trop tardivement. Par ailleurs, après un premier choc anaphylactique traité avec succès, les victimes sont souvent insuffisamment formées à l’auto-traitement d’urgence et elles ne sont pas assez rendues attentives à l’importance d’un suivi avec évaluation allergologique [10–12]. L’anaphylaxie constitue un évènement marquant, à l’issue duquel la qualité de vie peut être massivement altérée. Pour la grande majorité (~94%) des réactions anaphylactiques, les causes parviennent à être élucidées par le biais d’un bilan allergologique [2, 3]. Il est primordial que les personnes concernées soient correctement conseillées et informées sur la manière d’éviter une nouvelle réaction anaphylactique afin qu’elles ne vivent pas constamment dans la peur [12].
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