Désaccoutumance au tabac: Mise à jour 2011. 1re partie
Author(s) -
Jacques Cornuz,
I JacotSadowski,
JP Humair,
Carole Clair,
M Schuurmans,
JP Zellweger
Publication year - 2011
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2011.07449
Subject(s) - art
Epidémiologie Les jeunes filles et les femmes sont une des populations spécifiquement touchées par les problèmes liés au tabagisme. En Suisse, comme dans la grande majorité des pays, la prévalence du tabagisme masculin est encore supérieure à celle du tabagisme féminin (24% de femmes pour 33% d’hommes), mais elle tend à s’équilibrer, notamment chez les jeunes de 14 à 19 ans (23% de femmes pour 25% d’hommes). Même si la majorité des pathologies liées au tabac sont les mêmes pour les femmes que pour les hommes, il existe certaines spécificités féminines. Selon une récente étude menée chez des infirmières américaines, 64% des décès chez les fumeuses seraient attribuables à la cigarette. La mortalité due au cancer pulmonaire a fortement augmenté chez les femmes occidentales depuis 50 ans, pour dépasser celle du cancer du sein dans certains pays, comme le Canada ou les Etats-Unis. Cette situation pourrait s’observer d’ici quelques années en Suisse. On constate en effet une augmentation de la mortalité par cancer pulmonaire chez les femmes, par contraste à la stabilisation, voire au début d’une baisse chez les hommes. Des études récentes suggèrent que le tabagisme actif et, dans une moindre mesure, le tabagisme passif, augmentent le risque de cancer du sein chez les fumeuses pré-ménopausées. De plus, les fumeuses ont une mortalité plus élevée, due non seulement au cancer du sein per se, mais aussi aux complications liées au tabac, comme le risque de métastases pulmonaires ou les complications après une reconstruction mammaire. On observe un risque également plus élevé de cancer du col de l’utérus et de la vulve chez les fumeuses. Par son effet anti-œstrogénique, le tabagisme pourrait par contre avoir un effet protecteur sur le cancer de l’endomètre. Le tabac favorise des cycles menstruels irréguliers, anovulatoires et plus courts. L’association d’œstroprogestatifs et de tabac augmente le risque d’accidents vasculaires thrombotiques, en particulier chez les femmes de plus de 35 ans. La recommandation actuelle est donc de déconseiller le tabac lors de prise de contraception hormonale concomitante ou, sinon, d’opter pour des œstroprogestatifs faiblement dosés en œstrogènes. Une diminution de la fertilité primaire et secondaireavec allongement du délai de conception est observée chez les fumeuses: 13% des cas d’infertilité seraient attribuables au tabagisme. La ménopause survient en moyenne 1 à 4 ans plus tôt chez les fumeuses, et les symptômes ménopausiques, comme les bouffées de chaleur, sont plus fréquemment décrits par les fumeuses. La densité osseuse est plus basse chez les fumeuses ménopausées et le risque de fracture de hanche est augmenté par rapport aux non-fumeuses. Le tabagisme peut contrecarrer l’effet ostéo-protecteur d’une substitution hormonale, car son efficacité thérapeutique est réduite (clearance hépatique augmentée). L’administration d’une substitution hormonale transdermique évite l’effet de premier passage hépatique et devrait donc être proposée aux femmes qui continuent de fumer.
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