Quelques nouveautés présentées au «46th Annual Meeting of the European Association for the Study of Diabetes (EASD)»
Author(s) -
Luigi Marino,
R Stadelmann
Publication year - 2010
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2010.07338
Subject(s) - medicine , diabetes mellitus , endocrinology
L’éventuelle relation entre diabète et cancer est un sujet d’intérêt de la communauté scientifique. L’incidence de certains cancer comme celui du sein, du foie, du pancréas, de la vessie, de l’endomètre, le cancer colo-rectal et le lymphome non hodgkinien semble être augmentée chez les patients souffrant d’un diabète. Toutefois l’incidence de ces néoplasies semble réduite chez les patients traités par metformine. Cet effet protecteur est de l’ordre de 40% par rapport à des patients sous un autre traitement hypoglycémiant et semble être dose-dépendant. Lors du congrès, un accent particulier a été mis sur l’effet anti-néoplasique de la metformine et son potentiel à devenir un traitement anti-prolifératif, du moins chez les patients diabétiques. Dans le cancer du sein, la metformine permet de potentialiser la réponse à la chimiothérapie néo-adjuvante ce qui suggère un effet antitumoral per se. L’étude d’Hosono et al, parue en septembre 2010 a montré l’effet anti-prolifératif de la metformine au niveau colique [1]. Les mécanismes impliqués sont d’abord indirects, par la diminution de la résistance à l’insuline et donc diminution de la sécrétion de cette dernière et de l’IGF. Ceci qui inhibe les voies de signalisation propres à ces hormones au sein des tumeurs dépendant de l’insuline et par conséquent diminue la prolifération cellulaire. Le contrôle de l’hyperglycémie par le traitement a, certes, une moindre influence mais est tout de même relevant dans l’oncogenèse [2]. L’effet direct se produit par l’intermédiaire de l’activation de l’AMPK, une protéine kinase, qui stimule LKB1, protéine codée par un gène considéré comme tumor suppressor gene et qui diminue la synthèse protéique et la gluconéogenèse. L’activation de l’AMPK permet surtout l’inhibition de mTOR qui, outre son effet anti-prolifératif, est également une des clefs de la résistance à certains agents de chimiothérapie. Le traitement antidiabétique peut donc avoir un rôle pronostique, comme le montre une étude annexe de DIGAMI2 qui s’est intéressée à la morbi-mortalité des patients diabétiques de type 2 ayant présenté un infarctus et traités par insuline en comparaison à la metformine. Cette dernière montre que les premiers ont une augmentation du risque de décès d’étiologie non cardiaque et notamment néoplasique. En conclusion, la metformine semble être non seulement un excellent antidiabétique oral mais pourrait jouer un rôle protecteur dans la survenue de cancers chez le patient diabétique. Les mécanismes cellulaires nécessitent d’être approfondis et l’impact anti-oncogène de la metformine chez les patients non diabétiques reste à démontrer. La controverse concernant l’augmentation de la mortalité par cancer chez les patients traités par sulfonylurées et insuline analogue n’a pas été abordée durant le congrès.
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