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Le dépistage du carcinome de la prostate et ses conséquences
Author(s) -
G. Thalmann,
VW Merz,
Thomas Gasser,
UE Studer
Publication year - 2010
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2010.07249
Subject(s) - cons , medicine , gynecology , computer science , programming language
Au printemps 2009, deux larges études randomisées prospectives sur la valeur du diagnostic, respectivement du dépistage précoces (= screening) du carcinome de la prostate à l’aide du PSA ont été publiées. Alors que l’étude européenne (European Randomized Study of Screening for Prostate Cancer, ERSPC) a montré une réduction de 20% de la mortalité du carcinome de la prostate ainsi qu’une diminution de 40% du taux de métastasisation après 9 ans [1], l’étude américaine (Prostate, Lung, Colorectal and Ovarian [PLCO] Cancer Screening Trial) n’a montré aucune réduction de la mortalité par le dépistage après 7 ans [2]. Ces résultats discordants sont à imputer à divers facteurs qui expliquent la non-différence dans le taux de mortalité spécifique au carcinome de la prostate dans l’étude américaine: 1. Dans l’étude PLCO, 45% des patients ont subi un toucher rectal ou un test du PSA avant de débuter l’étude. Il est donc concevable qu’une sélection préalable ait eu lieu avec exclusion des carcinomes de la prostate avancés. 2. Dans l’étude américaine, 85% des patients à qui fut recommandé un dépistage effectuèrent le test du PSA, tandis que 40% des patients du groupe contrôle furent testés pour le PSA alors qu’ils n’auraient pas dû l’être. Ainsi, l’effet du dépistage en a été possiblement affaibli. 3. Dans le groupe de dépistage de l’étude PLCO, seulement 40% des patients avec un toucher rectal positif ou une valeur du PSA >4 ng/ml furent effectivement biopsiés (manque de compliance). 4. En Europe, le test du PSA fut utilisé moins fréquemment et moins intensément qu’aux Etats-Unis en dehors des protocoles. Ainsi, dans le groupe contrôle de l’étude européenne ERSPC, le test du PSA fut effectué moins souvent, ce qui augmente la probabilité d’un résultat significatif. 5. Le suivi de 7 ans dans l’étude américaine est plutôt court pour un carcinome de la prostate. Les patients qui meurent d’un carcinome de la prostate pendant ce laps de temps ont un carcinome de la prostate avancé ou/et agressif et leur pronostic n’est à court terme pas influencé par le dépistage. Des résultats à long terme doivent être attendus.

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