Radiologie: L'absorptiométrie biphotonique
Author(s) -
Hatem Alkadhi,
Borut Marinček,
P Stolzmann
Publication year - 2008
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2008.06690
Subject(s) - trie , computer science , programming language , data structure
métrie biphotonique en radiologie fut stoppée principalement pour deux raisons: la puissance des tubes à rayons X était encore trop faible, et le recalage de deux clichés anatomiques consécutifs de la même région du corps posait des problèmes majeurs dès la moindre modification due à un mouvement ou à l’activité respiratoire. Dès lors, le développement de l’imagerie à double énergie se détourna de la radiologie médicale pour s’orienter vers les applications sécuritaires. Il y a deux ans environ, la venue sur le marché d’un CT-scan équipé de deux sources de rayons X indépendantes – chacune étant localisée vis-àvis de son détecteur respectif –, a conduit à une redécouverte de l’absorptiométrie biphotonique en radiologie. Grâce à l’action conjointe d’un tube à rayons X à 80 kV et d’un autre à 140 kV, on peut récolter simultanément (en évitant ainsi les problèmes de recalage) les données issues de deux spectres d’énergie distincts lors d’un seul examen. Bien qu’il soit tout récent, le retour de l’absorptiométrie biphotonique a déjà entraîné la découverte et le développement de nombreuses applications. Elles se répartissent en deux groupes principaux: l’identification de l’iode dans les examens utilisant des substances de contraste, et la différenciation de structures ayant des nombres atomiques légèrement différents. Dans les applications du premier type, on peut par exemple quantifier avec précision la quantité de substance de contraste absorbée par des lésions suspectes, ou calculer une image dans laquelle la substance de contraste a été supprimée de façon ciblée [3]. Les premières applications de ce type sont utilisées pour détecter des néphrolithes sans qu’un examen natif supplémentaire soit nécessaire [4], ou encore pour quantifier l’iode dans le myocarde ou dans le poumon afin de détecter et de quantifier des déficits d’irrigation (fig. 1 x). Les applications du deuxième type permettent de différencier les substances cristalloïdes; on peut ainsi, par exemple, distinguer les calculs rénaux contenant de l’acide urique de ceux qui n’en contiennent pas [5]. Cette distinction peut avoir une importance clinique, car les calculs contenant de l’acide urique sont souvent traités exclusivement par des médicaments (fig. 2 x). Dans les vaisseaux, l’absorptiométrie biphotonique améliore en outre la distinction entre les plaques artérioscléreuses pariétales et la lumière vasculaire contenant la substance de contraste. L’imagerie par rayons X à deux spectres d’énergie distincts (dual energy) fait partie des techniques de contrôle le plus souvent utilisées sur le plan international. A l’aéroport de Zurich, elle a produit l’année dernière plus de 20 millions d’images [1]. Comme dans tous les aéroports du monde, il y est d’usage de contrôler les bagages à main de chaque passager par des rayons à double énergie. Cette technique permet de cataloguer les différents matériaux et de distinguer ainsi les substances inoffensives des substances dangereuses, c.-à-d. explosives, contribuant ainsi à garantir la sécurité et la tranquillité du voyage. L’imagerie à double énergie exploite le fait que l’absorption des rayons X diffère selon les matériaux, l’effet Compton et l’effet photoélectrique étant différents selon la matière traversée. Cette technique offre des avantages évidents par rapport aux rayons X classiques, qui n’utilisent qu’un seul spectre d’énergie. En radiologie, les premiers essais d’application de l’absorptiométrie biphotonique à rayons X remontent à plus d’une vingtaine d’années. C’est à cette époque que l’on compara les images obtenues par CT-scan lors de deux examens se succédant immédiatement et effectués avec des énergies différentes (par ex. 80 kV et 140 kV); les résultats des premiers essais furent très prometteurs [2]. Malheureusement, l’euphorie initiale ne résista pas longtemps aux investigations plus approfondies. En fait, l’utilisation de l’absorptio-
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