Epidémie de diabète sucré: il ne sagit pas que du type 2
Author(s) -
Reto Krapf,
Bruno Félix
Publication year - 2008
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2008.06625
Subject(s) - medicine
à l’encontre des cellules bêta, ils pourraient être à l’origine de la stimulation de l’auto-immunité contre les cellules d’îlots [2]. Une étude de cohorte montrant qu’une corrélation significative relie la consommation de pommes de terre pendant la grossesse avec l’auto-immunité contre les cellules d’îlots et, par conséquent, avec le risque d’être atteint d’un diabète de type 1 va dans le même sens [3]. Outre les toxines, un apport insuffisant en vitamine D pourrait lui aussi nettement augmenter le risque d’être atteint d’un diabète sucré de type 1 pendant l’enfance. L’incidence du diabète de type 1 augmente de manière significative lorsque l’exposition au rayonnement ultraviolet B et l’ap pro visionnement en vitamine D sont faibles [4]. Ce constat explique-t-il, en partie ou même complètement, l’accumulation des cas de diabète de type 1 en Finlande? Dans les pays où l’exposition au rayonnement UVB est élevée, la prévalence du diabète de type 1 est un peu moins élevée (du moins jusqu’à présent), mais là aussi son taux d’accroissement est clairement positif. L’«hypothèse hygiéniste» fait l’objet de débats depuis de nombreuses années: elle met en relation l’accroissement de maladies auto-immunes comme l’asthme, la pollinose et le diabète de type 1 avec la disparition des infections de la petite enfance telles que les oreillons, la rougeole, la fièvre rhumatismale, l’hépatite A et la tuberculose. Un système immunitaire infantile «inexpérimenté» pourrait favoriser une épidémie de pathologies auto-immunes [5]. Cette hypothèse sert actuellement de base de travail pour développer, en essai animal, un vaccin contre le diabète de type 1, censé inhiber le déclenchement d’un diabète autoimmun par l’administration de proinsuline en combinaison avec des anticorps CD 3 [6]. Face à l’augmentation du diabète de type 1, il est urgent de recueillir de meilleures données pour préciser le rôle éventuel que jouent les facteurs environnementaux dans le déclenchement et la progression de cette maladie. Les résultats des études mentionnées ne sont pas encore probants, mais ils n’en demeurent pas moins captivants, et ils pourraient même nous indiquer le chemin d’une prévention éventuelle. Pour la plupart d’entre nous, il est notoire que l’incidence conjointe du diabète sucré de type 2 et de l’obésité a pris des proportions épidémiques, qui affichent de nos jours un taux de prévalence à deux chiffres. Ce qui est moins connu est le fait que la prévalence du type 1 du diabète sucré, elle aussi, a nettement augmenté dans le monde entier, et qu’elle continue de progresser avec un taux annuel d’environ 3%. Cette augmentation est d’autant plus impressionnante qu’elle s’observe avant tout chez les petits enfants (de 0 à 4 ans). En Finlande, où la plus forte prévalence de diabète de type 1 au monde (64/1) est constatée, une étude actuelle montre que cette pathologie s’accroît de façon galopante, et qu’il faut s’attendre à un doublement du nombre de cas de diabète de type 1 chez les jeunes de 14 ans dans les 15 prochaines années. La plupart des nouveaux malades seront probablement des petits enfants [1]. Défi considérable à la fois pour les jeunes et les médecins, ce problème se manifestera sur deux plans à la fois: accroissement massif de la prévalence du diabète de type 1 et durée de vie plus longue avec la maladie. Où faut-il chercher les causes de cette progression du diabète sucré de type 1? La probabilité d’être atteint dépend entre autres de prédispositions génétiques (avant tout de différents haplotypes HLA DQ). Ces prédispositions augmentent la probabilité d’un déclenchement de réaction immunitaire qui perturbe l’immunorégulation et entraîne – au travers d’un processus auto-immun – un dysfonctionnement progressif de la sécrétion d’insuline. L’augmentation rapide du nombre de diabétiques de type 1 décrite ci-dessus ne peut toutefois pas s’expliquer par un changement de la prédisposition génétique. Il est bien plus probable que ce soient des facteurs exogènes ou même environnementaux qui déclenchent le processus immunitaire ou qui interviennent dans l’immunorégulation, lorsque le terrain génétique s’y prête. Au vu de l’âge toujours plus précoce des patients lors du diagnostic initial, il faut se demander de surcroît si ce ou ces facteurs exogènes n’agissaient pas déjà, ou n’agissaient pas essentiellement durant la grossesse. Certains indices montrent que l’infection par streptomyces de tubercules comme la pomme de terre pourrait en constituer une cause: par leur toxicité
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