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Même la bedaine a ses côtés positifs!
Author(s) -
R Krapf
Publication year - 2008
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2008.06607
Subject(s) - art
cepteur de la leptine a induit de façon permanente l’effet anti-adipogène de la leptine lors de la suralimentation, permettant aux cellules graisseuses d’être présentes normalement, mais sans pouvoir stocker de graisses. En théorie, on s’attendait ainsi à détecter un accroissement du stockage ectopique de graisse, ainsi que ses conséquences défavorables (dues à la lipoapoptose) sous forme d’un diabète de type 2 et d’un syndrome métabolique. Cette attente se trouva effectivement confirmée, car les souris ne présentèrent pas d’adiposité, mais, par contre, un stockage de graisse dans le cœur, le pancréas et le foie. Elles développèrent également une hyperinsulinémie sévère en raison d’une insulinorésistance. De plus, l’examen révéla une dysfonction systolique à l’échocardiographie, des fibroses étendues du myocarde à l’histologie et des pertes de cellules bêta pancréatiques, advenant bien plus tôt que chez les souris adipeuses de contrôle [3]. Ces résultats intéressants montrent que, lors de la suralimentation, tout dépend de la mesure dans laquelle la graisse peut être stockée dans les tissus prévus à cet effet (capacité adipogène) plutôt que dans les organes parenchymateux (pancréas, cœur, foie). Le profil d’expression de différents gènes détermine sans doute individuel lement cette capacité adipogène, exerçant ainsi une influence considérable sur le moment de l’apparition et sur le degré de gravité du diabète sucré de type 2 et de ses comorbidités. Un produit génique de ce type a déjà été identifié et sert manifestement de point d’attaque à un développement médicamenteux: il s’agit du facteur 1 des préadipocytes (Pref-1), qui inhibe l’adipogénèse et favorise l’insulinorésistance. Contrairement à l’opinion courante, l’adiposité semble protéger, du moins temporairement, du développement d’un diabète sucré de type 2, ainsi que de l’apparition du syndrome métabolique et de la cardiomyopathie associée, en amortissant l’impact de la suralimentation sur l’accumulation ectopique de tissu graisseux. Vous aurez certainement déjà fait ce constat: parmi vos patients dont l’excès pondéral est élevé, certains ne présentent pas de syndrome métabolique et ne souffrent pas de diabète sucré de type 2, malgré leur masse adipeuse considérable. Peut-être vous êtes-vous aussi demandé pourquoi le diabète de type 2 et certains signes du syndrome métabolique peuvent se manifester chez des personnes de poids tout à fait normal. Une autre observation se révèle alors importante: en cas de lipodystrophie généralisée (caractérisée par l’absence d’adipocytes), le syndrome métabolique apparaît bien plus tôt dans la vie du patient et son déroulement clinique est plus lourd que dans le cas du patient adipeux. Serait-il dès lors possible que le stockage de graisse dans les adipocytes induise un effet protecteur? Un stockage lipidique efficace dans les adipocytes pourrait empêcher le dépôt ectopique de graisse dans des cellules qui ne sont pas prévues à cet effet, comme par exemple les cardiomyocytes, les cellules bêta du pancréas, voire même les hépatocytes. Par le processus de lipo apoptose, ces dépôts de graisse ectopique peuvent en effet mener à la destruction de ces cellules. On peut donc formuler l’hypothèse suivante: l’intensité individuelle de l’adipogénèse provoquée par un apport excessif de calories détermine quand et comment le syndrome métabolique et le diabète apparaissent. Il existe déjà des observations allant dans ce sens: les «personnes de poids normal dont le métabolisme présente des symptômes d’adiposité» sont plus jeunes que les personnes dont l’adiposité est clairement établie [1]. De même, pour les souris dont l’adiposité est congénitale, le profil métabolique s’améliore lorsque la masse de tissu graisseux augmente [2]. A l’état normal, le récepteur de la leptine disparaît à la surface des adipocytes (par internalisation) lorsque l’apport calorique est accru, empêchant ainsi la leptine de produire son effet anti-adipogène; cette annulation de l’inhibition par la leptine favorise le stockage de graisse dans les adipocytes. Dans une lignée de souris db/db, le maintien d’une surexpression durable du réReto Krapf

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