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«Disease mongering» et la «scepticémie» de Skrabanek
Author(s) -
K Neftel
Publication year - 2006
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2006.06018
Subject(s) - disease , medicine , philosophy
En cas de doute, chacun peut, à l’aide de tests simples sur Internet, vérifier rapidement sa probabilité d’être atteint de telles maladies. Un mauvais goût dans la bouche une fois par jour, sans autres symptômes, suffit à évoquer la possibilité d’un reflux gastro-œsophagien. Il ne fait aucun doute que beaucoup de personnes en Suisse souffrent effectivement de ces problèmes. Ce sont les chiffres ou leur pertinence qui appellent un certain scepticisme. Par exemple, on est indéniablement fondé à émettre des doutes sur la validité du constat voulant que plus d’un million de personnes souffrent de côlon irritable ou sur les descriptions de la propagation épidémique de la dysfonction érectile (DE), du déficit en androgènes de l’homme âgé (ADAM), etc. Certains paramètres de risque demandent à être traités et sont perçus dès lors comme une maladie par une partie des individus concernés, à plus forte raison si ces facteurs sont annonciateurs de maladies qui passent pour les tueurs n° 1 ou n° 2 selon la rhétorique d’aujourd’hui. De légers écarts par rapport aux valeurs normales ont encore fortement augmenté dernièrement le nombre de personnes à risque. Comme l’observait déjà Aldous Huxley: «Medical research has made such progress, that there are practically no healthy people any more.» («La médecine a progressé à un tel point que plus personne n’est en bonne santé.») [2], ou avant lui Karl Kraus: «L’une des maladies les plus répandues est le diagnostic.» [3] Jules Romains, s’il vivait aujourd’hui, serait probablement surpris lui-même de la pertinence de l’adage du Dr Knock: entre-temps, en effet, une partie des «malades qui s’ignorent» parmi les «bien portants» sont devenus effectivement malades – de peur: peur de tomber malade ou de l’être déjà. La médicalisation a progressé à une cadence inflationniste dans les 83 ans qui ont suivi la parution de «Knock ou Le triomphe de la Médecine». Trouve-t-on encore des «bien portants par ignorance»? Selon des études, statistiques, estimations et recommandations crédibles, librement accessibles sur Internet, il y aurait en Suisse plus de 3 personnes de plus de 65 ans atteintes d’hypertension artérielle non encore traitée, plus d’un million de personnes souffrant de douleurs chroniques dont une grande part ne sont pas traitées ou reçoivent un traitement inadéquat, ainsi qu’un demi-million de personnes incontinentes; 3 femmes de plus de 50 ans doivent s’attendre à être victimes d’au moins une fracture ostéoporotique au cours de leur vie, 10 à 20% souffrent d’allergies et 40% ont tendance à développer une réaction allergique à une substance ou une autre, 30 à 50% souffrent des suites d’un reflux gastro-œsophagien, 8 à 15% du syndrome des jambes sans repos, 6% des femmes adultes souffrent de fibromyalgie, plus de 25% développent un trouble anxieux au cours de leur vie, dont plus de la moitié une phobie sociale ... pour ne citer que quelques pathologies. «Disease mongering» et la «scepticémie» de Skrabanek

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