Particules fines - les faits et la fiction
Author(s) -
Thomas Rothe
Publication year - 2006
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2006.05963
Subject(s) - political science , philosophy
Cette année, le dépôt de particules fines qui s’est abattu fin janvier sur la Suisse sous l’effet de l’inversion thermique hivernale a échauffé les esprits. Des personnes malades des bronches se plaignaient d’une aggravation de difficultés respiratoires. Les automobilistes au nord-est du «röstigraben» étaient astreints à la limite de 80 km/h sur les autoroutes, tandis que leurs concitoyens du sud-ouest pouvaient peser sur le champignon comme habitude. Le 3 février, la population du canton de Berne apprenait, par la voie d’un communiqué de presse du gouvernement cantonal, que les feux de cheminée qui ne servaient pas uniquement au chauffage des habitations étaient interdits en application d’une mesure d’urgence. Certains politiciens se sont sentis interpellés, certains journaux ayant établi un parallèle entre la sédimentation des particules fines et l’issue des élections locales à Zurich et à Winterthour («Tages-Anzeiger» du 12 février 2006). Le Prof. Nino Künzli, épidémiologiste et fin connaisseur du sujet, qui participe à des projets de recherche nationaux (SAPALDIA) et internationaux (étude californienne chez les enfants), a dû endurer des polémiques dans la presse («Die Weltwoche» du 9 février 2006): son étude publiée dans «Lancet» [1] et abondamment citée relevait, disait-on, du domaine de la fiction. La Société des Médecins en faveur de l’environnement a pris position sur le problème des particules fines dans deux communiqués de presse diffusés le 16 janvier et le 2 février. Il serait souhaitable que davantage de collègues se saisissent de cette question importante pour la politique de santé et la vie sociale en général. On connaît fort bien les effets nocifs du tabagisme et de la fumée passive. La fumée passive triple la probabilité de développer des exacerbations asthmatiques [2]. On la rend responsable de près de 12000 décès par an en Angleterre [3]. Un changement d’état d’esprit s’est cependant d’ores et déjà imposé concernant la fumée passive: on constate par exemple que depuis leur dernier changement d’horaire, les CFF ont interdit la fumée dans tous leurs wagons et que les citoyens tessinois se sont prononcés pour une interdiction pure et simple de la fumée dans les établissements publics. Les particules fines dans l’air doivent recevoir la même attention. D’après le Dr Pier Mario Biava, de l’hôpital Sesto San Giovanni à Milan, la nocivité de l’air milanais serait comparable à la consommation de 15 cigarettes par jour [4]. A la lumière des faits scientifiques avérés sur les particules fines, il est impératif que le corps médical s’implique à son tour si nous voulons être des acteurs crédibles dans la prévention des maladies. Quintessence
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