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La profusion de médicaments génériques menace la sécurité thérapeutique
Author(s) -
R Streuli
Publication year - 2006
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2006.05950
Subject(s) - medicine
n’est pas le cas. La multitude de produits génériques interdit de garder une vision générale. Non seulement les assistants mais également les médecinschefs en chirurgie avouent sans détours qu’ils ne savent plus du tout ce que leurs patients ingèrent en réalité. Cette situation est naturellement dangereuse et induit presque inévitablement la délégation permanente d’un médecin-chef spécialiste des maladies internes dans chaque service de chirurgie. Pour nous, spécialistes des maladies internes, la situation est frustrante et représente une menace. Nos patients sont hospitalisés pour clarifier et souvent revoir une thérapie médicamenteuse. Certains des médicaments qu’ils ont apportés apparaissent à nouveau dans le kardex, d’autres sont remplacés par des préparations de l’assortiment de l’hôpital. Le nombre de noms de produits a explosé depuis un an. Lors de la visite du médecin-chef, il arrive régulièrement que le médecin du service ne sache pas vraiment quel agent actif se dissimule derrière un nouveau nom fantaisiste. Mais en médecine, ne pas savoir ce que l’on fait est un péché capital! Les médecins perdent confiance. Ils ne sont pas les seuls, les patients sont également insécurisés. Lorsqu’ils quittent l’hôpital, nous leur remettons une ordonnance pour des médicaments que le pharmacien remplacera parfois par des produits génériques. Le médecin de famille pratiquant la délivrance directe de médicaments modifiera à nouveau le médicament générique prescrit par l’hôpital car son stock à lui est différent. Le chaos est ainsi total. Même le patient le plus au courant et le plus malin n’arrive plus à suivre. Comme l’écrivait le Prof. Beda Stadler dans la «NZZ am Sonntag» du 4 juin 2006, ce n’est qu’une question de temps avant que des confusions tragiques se produisent. Comment lutter contre ce désordre dangereux? Dans ma clinique, pour des raisons de sécurité, j’ai ordonné que les médicaments apportés par le patient soient inscrits au bureau du service et conservés. Les patientes et patients reçoivent uniquement des médicaments provenant de l’assortiment de l’hôpital. Il peut également s’agir de génériques. A sa sortie, le patient se voit remettre une ordonnance que le pharmacien ou le médecin de famille pourra modifier dans le respect des règles de substitution. Ainsi, au moins à l’hôpital où travaillent nombre de personnes en formation et où les confusions sont particulièrement dangereuses, un certain ordre peut être assuré. Le rêve d’un compendium des médicaments court et clair qui ne contiendrait qu’un nom par agent actif plutôt que les dix à vingt actuels est probablement peu réaliste et trop dirigiste. Mais malgré tout: si le marché libre peut être illimité pour la vente de bonbons, il convient mal pour les pilules. Il s’agit là d’un secteur comportant trop de risques! É D I T O R I A L Forum Med Suisse 2006;6:787 787

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