De la mammographie de dépistage avant 50 ans: débat précoce?
Author(s) -
A Appleton
Publication year - 2004
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2004.05300
Subject(s) - medicine , gynecology
Avec son discours sur le sujet de la mammographie de dépistage avant 50 ans, le Dr Jean-François Delaloye a soulevé une question très importante, en ouvrant le débat sur un sujet d’importance, tant que le cancer du sein reste un problème aussi considérable pour la santé publique dans tous les pays industrialisés. L’efficacité de la mammographie de dépistage n’est plus mise en doute parmi la plupart de nos collègues à l’échelle mondiale [1], malgré la longue controverse qui s’est déroulée pendant des années jusqu’à récemment, amplifiée par les médias, à la confusion de nos patientes [2]. Néanmoins, l’âge approprié auquel il faut commencer le dépistage est loin d’être convenu et reste le sujet d’un intense débat dans des pays industrialisés. Bien que les Guidelines for Breast Cancer Screening publiés en 2003 par l’American Cancer Society font ressortir que le dépistage devrait commencer à l’âge de 40 ans [3], il est reconnu qu’il n’existe pas beaucoup d’évidence pour supporter le mandat [2, 4]. Quoique certains de nos collègues estiment qu’il serait justifié de commencer le dépistage à 47 ans car le risque de cancer du sein augmente nettement à cet âge, passant de 79 sur 1 femmes à 40 ans à 148 sur 1 femmes à 47 ans [5], il n’y a toutefois pas suffisamment de preuves pour commencer le dépistage à 40 ans pour le moment. Nous attendons encore les données des grandes études telles que le UK Age Trial, qui est en train d’étudier 53000 femmes de 40–41 ans qui ont été invitées à participer au programme de dépistage du Royaume Uni entre 1991 et 1996, le résultat des données étant attendu pour la fin de 2004 [6]. Un article très controversé a même récemment suggéré que les femmes participant à un programme de dépistage avant la ménopause et ayant par la suite besoin d’une tumorectomie ont un plus mauvais pronostic que des femmes postménopausées, l’hypothèse étant que la tumorectomie induirait une stimulation indésirable des facteurs d’angiogenèse [7]. C’est un article qui devrait être discuté ici dans tout le pays. Cela mis à part, j’estime qu’on devrait attendre l’évidence concrète pour un sujet d’une telle importance, afin que nous puissions pratiquer une «evidence-based medicine» et pour que nous ne nous laissions pas emporter par notre élan naturel à réduire la souffrance globale de cette maladie si répandue et si destructrice.
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