Pneumonie communautaire (acquise en dehors de l'Hôpital)
Author(s) -
R Speich
Publication year - 2003
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2003.05016
Subject(s) - medicine
Un article sur la pneumonie pourrait se résumer en une seule phrase: en cas de toux aiguë, on prescrit la toute dernière fluoroquinolone. Mais ce n’est pas si simple. Nous observons depuis quelques années une progression épidémique de Streptococcus pneumoniae résistant aux antibiotiques [1]. La fréquence des souches ayant une sensibilité diminuée à l’égard des pénicillines oscille entre 24% aux Etats-Unis et 70% en Corée. La fréquence des germes totalement résistants dans ces pays est de 14% et 33% respectivement. En Suisse, 12% des S. pneumoniae sont moyennement sensibles et 4% totalement résistants. Pratiquement la moitié de ces germes présente une multirésistance. Il est prouvé qu’une antibiothérapie est le facteur de risque le plus important de l’apparition de S. pneumoniae résistant aux antibiotiques. Ce qui a pu être démontré de manière particulièrement frappante pour les macrolides [2] et les fluoroquinolones [3], car entre un et deux ans après leur introduction sur le marché, et en corrélation avec la fréquence de leur prescription, la fréquence des résistances à ces antibiotiques a augmenté. Un autre fait est que la plupart des prescriptions d’antibiotiques en ambulatoire sont rédigées pour des infections respiratoires. Dans une étude aux Etats-Unis, ces dernières ont totalisé 75% de toutes les prescriptions d’antibiotiques par année [4]. Environ 76 millions d’Américains, soit un tiers de la population totale, consultent chaque année leurs médecins traitants en raison d’une infection respiratoire aiguë. Très peu ont une pneumonie ou une infection à bactéries. Malgré tout, plus de la moitié a reçu des antibiotiques. Nous pouvons estimer modestement que 55% environ de ces prescriptions n’étaient pas indiquées, et que les coûts inutiles se sont montés à 726 millions d’USD [5]. La conséquence de ces réflexions serait que les antibiotiques doivent être utilisés de la manière la plus ciblée possible, et uniquement sur indication certaine. Ce qui exige d’une part un diagnostic bien posé, et de l’autre une certaine discipline, pour renoncer à une antibiothérapie en l’absence d’indication. Une argumentation fréquente est que cela est souvent difficile en pratique, vu que de nombreux patients attendent une prescription d’antibiotiques à la moindre toux. Mais une étude a montré que dans une telle situation, la satisfaction des patients n’est pas due au fait qu’ils ont reçu ou non des antibiotiques, mais au fait que le médecin a pris suffisamment de temps pour que ses patients puissent comprendre sa décision [6].
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