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Sans mémoire, confus et perdu Démence et délire: que doit savoir le médecin praticien?
Author(s) -
Christoph Hürny,
Bernd Schwenk,
D Inglin
Publication year - 2002
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2002.04504
Subject(s) - humanities , art , medicine
Oublier est un phénomène quotidien. Oublier est même une nécessité pour faire de la place à du nouveau. Nous développons tous des stratégies contre l’oubli, nous écrivons des listes de commissions, nous faisons des nœuds à nos mouchoirs. Nous oublions plus sous stress, nous avons tendance à oublier les choses désagréables. Quand oublier augmente et prend des dimensions gênant considérablement le quotidien et handicapant ou même rendant une vie normale impossible, oublier devient un symptôme, le symptôme cardinal d’une maladie insidieuse et progressive, la démence. «Small world» («Ha, que le monde est petit!») déclare Koni Lang dans le roman du même nom de Martin Suter [1] à ses connaissances, dont il n’arrive plus à se souvenir du nom pour dissimuler ses trous de mémoire qui deviendraient sinon patents, et éviter ainsi de devoir avoir honte. Koni Lang souffre de démence, plus spécifiquement de la maladie d’Alzheimer. Les ruses pour dissimuler les déficits de mémoire entraînent souvent un «sous-diagnostic» de la démence en cabinet et dans les hôpitaux. Comme les patients concernés et leur parenté se gênent de leur mémoire défaillante, la société se gêne aussi de ses membres déments. Le comportement des déments les exclu de la société. Comme ils ne servent à plus rien et qu’ils sont plus qu’une charge, ils doivent être institutionnalisés. C’est aussi pourquoi le monde des déments et de leurs proches se rétrécit de plus en plus. Le monde médical ne s’est peu préoccupé des déments jusqu’à ces dernières années. Les déments étaient et sont dégradés à des «cas de soins», dont la maladie n’est pas traitable et qui sont sans intérêts pour la médecine. La découverte des inhibiteurs de la cholinestérase, qui peuvent améliorer transitoirement les symptômes d’une partie des patients, a soudainement mis sous les projecteurs de l’actualité médicale la démence, les patients déments et leurs proches. Ceci a permis une amélioration notoire de la qualité de vie de toutes les personnes concernées. La démence est principalement une maladie gériatrique, mais seulement une partie des patients âgés ou très âgés est démente. Cet article se propose de passer en revue les connaissances actuelles de l’épidémiologie, du diagnostic et du diagnostic différentiel, les investigations utiles, la valeur des cliniques de la mémoire, les stratégies de traitements médicamenteux et des mesures psychosociales.

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