Urologie 2001: De l'homme mûr à l'homme vieillissant
Author(s) -
T Gasser
Publication year - 2002
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2002.04396
Subject(s) - philosophy
L’espérance de vie va encore augmenter au cours de ces prochaines années dans les pays civilisés. On estime que la proportion des plus de 65 ans augmentera d’au moins 50% jusqu’en 2003, pour passer de 950 000 à 1,4 millions. Ce qui pose de nouveaux problèmes à la médecine, et bien sûr à l’urologie. Bien que l’urologie ne soit pas une branche gériatrique, de nombreuses pathologies urologiques touchent le vieillard. Le carcinome de la prostate est devenu la tumeur maligne la plus fréquente de l’homme (environ 3500 nouveaux diagnostics et 1500 décès par an en Suisse). De nombreux hommes ne meurent pas de leur carcinome prostatique, mais survivent plusieurs années avec ce diagnostic. L’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) est très nettement fonction de l’âge. Environ 80% des plus de 80 ans ont une HBP, et 25% des plus de 60 ans doivent subir une intervention. L’HBP n’est pas une pathologie dangereuse, l’insuffisance rénale ou même les décès étant rarissimes. Mais elle implique surtout une amputation de la qualité de vie, et n’est plus acceptée sans autre comme une manifestation du vieillissement. Les dysfonctions sexuelles sont fréquentes, mais ne mettent nullement la vie en danger. La dysfonction érectile touche 3% des hommes de 50 à 54 ans, mais déjà 26% des hommes de 70 à 78 ans. La «détabouisation» de ce sujet, et l’existence de médicaments efficaces font que de tels problèmes de sexualité ne sont plus simplement laissés au hasard. Nous savons depuis très longtemps que le but de tout traitement des pathologies urologiques n’est pas seulement une survie prolongée, mais qu’il s’agit de veiller au maintien d’une bonne qualité de vie. Nous avons appris plus récemment qu’il fallait aborder les «troubles du bienêtre général» ayant des répercussions sur une vie active. Il faut viser la prévention des pathologies urologiques, ou tout au moins leur diagnostic précoce. Les études sur la chimioprophylaxie et le dépistage du carcinome prostatique sont en cours, qui ne feront que suivre avec un grand retard ce qui est depuis très longtemps examiné chez la femme pour une tumeur comparable, le cancer du sein. La question de savoir s’il y a chez l’homme une situation semblable à la ménopause de la femme est étudiée de manière intensive. Bien que scientifiquement encore peu documentés, les termes d’«andropause» ou de «climatère masculin» ont rapidement envahi la littérature scientifique et même la presse grand public. Et la testostérone est déjà recommandée ici et là, sans connaissances suffisantes sur son effet et ses risques. En résumé, la corporation des urologues sait depuis quelque temps qu’il faut un «andrologue» pour prendre en charge l’homme vieillissant dans sa globalité, et pas seulement pour traiter ses symptômes, pour le suivre et le traiter le cas échéant, en faisant toujours appel à des spécialistes d’autres disciplines. L’expression toujours plus utilisée d’«Aging Male», ou d’«homme vieillissant», implique qu’il faut accompagner les hommes précocement déjà et à long terme, sans attendre l’apparition de maladies à un âge avancé. Le titre de cet article: De l’homme mûr à l’homme vieillissant, n’est donc pas qu’un jeu de mots, mais reflète une nouvelle conception de la santé du sexe masculin. Urologie 2001: De l’homme mûr à l’homme vieillissant
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