z-logo
open-access-imgOpen Access
Hépatologie 2001 : Interféron-a pégylé et ribavirine le nouveau standard dans le traitement de l'hépatite C chronique
Author(s) -
Renner El
Publication year - 2001
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2001.04373
Subject(s) - medicine , physics
Environ 1% de la population suisse sont porteurs d’une infection chronique au virus de l’hépatite C (HCV). Environ 20% d’entre eux développent une cirrhose hépatique dans les vingt ans qui suivent l’infection et présentent dès lors une morbidité et une mortalité significatives: chaque année, environ 5% de ces individus développent une décompensation avec ascite, hémorragie sur varices œsophagiennes, encéphalopathie ou ictère; 2 à 4% développent un carcinome hépatocellulaire et environ 5% décèdent de leur hépatopathie. Le traitement de l’hépatite C chronique a pour but d’empêcher son évolution vers la cirrhose (ainsi que la morbidité et mortalité qui lui sont liées). La combinaison maintenant classique de l’interféron-α avec la ribavirine permet d’atteindre cet objectif chez à peine 30% des sujets infectés par le génotype HCV1 et chez plus de 60% des sujets infectés par le génotype HCV2/3. C’est entre autres la pharmacocinétique de l’interféron qui s’oppose à un taux de succès plus élevé: l’interféron-α est rapidement dégradé et éliminé par les protéases (t1/2 environ 8 h); à la fréquence habituelle d’administration de 3 fois par semaine, il n’y a donc plus de concentration antivirale efficace aux jours entre les administrations et le HCV peut se répliquer sans obstacle. Dans l’espoir d’augmenter l’efficacité du traitement, on a couplé la molécule d’interféron-α à une chaîne latérale de polyéthylène-glycol (un hydrogène carburé inerte et sans inconvénient biologique); l’un des fabricants a choisi une chaîne latérale plus courte (12 kD) et non ramifiée, tandis que l’autre en a choisi une plus longue (40 kD) et ramifiée. Chacune de ces alternatives protègent la molécule d’interféron-α contre les protéases et permettent le maintien d’un taux efficace relativement constant durant plusieurs jours (t1/2 > 50 h, resp. >70 h). Ceci permet non seulement une seule administration par semaine, mais améliore aussi l’efficacité: la monothérapie avec l’interféron pégylé permet, chez les patients atteints d’hépatite C chronique jusqu’ici non traitée, d’atteindre des taux durables d’élimination de l’HCV et donc de meilleurs taux de guérison, semblables à ceux obtenus par la combinaison de l’interféron-α usuel avec la ribavirine. On est en train d’essayer d’augmenter encore l’efficacité de l’interféron pégylé en le combinant avec la ribavirine. Deux grandes études contrôlées randomisées ont été pratiquées chez des patients atteints d’hépatite C jusqu’ici non traitée. L’une de ces deux études a été publiée en détails [1], tandis que l’autre sous forme d’abstract seulement [2]. L’efficacité de l’interféron pégylé combiné à la ribavirine s’est avérée semblable dans les deux études: un traitement d’une durée de 48 semaines a permis d’atteindre des taux durables d’élimination HCV de 40 à 50% pour le génotype HCV1 et de 80% pour le génotype HCV2/3 (tabl. 1). La tolérance à la combinaison d’interféron pégylé avec ribavirine ne se distingue pas significativement de celle à la combinaison d’interféron usuel avec ribavirine: la nature et la fréquence des effets indésirables furent semblables. La survenue d’effets indésirables entraîna l’arrêt du traitement chez 14% des patients et obligea à une réduction de la dose chez 42% des individus [1]. Les risques et bénéfices de ces traitements aux effets indésirables marqués doivent donc être soigneusement évalués de cas en cas et l’application du traitement devrait idéalement se faire en étroite collaboration avec un médecin expérimenté dans le traitement de l’hépatite C chronique, d’autant plus qu’une réduction prématurée de la dose peut hypothéquer le succès du traitement [1]. Diverses questions demeurent ouvertes: selon une analyse posthoc des données d’une grande étude [1], il semble que les patients qui ont reçu des doses de ribavirine supérieures à 10,6 mg/kg de poids corporel répondent mieux que les patients qui ont reçu des doses inférieures; mais cela devrait encore être confirmé par une étude prospective. Dans les deux études, tous les patients ont été traités pendant 48 semaines. On ne sait pas encore de manière définitive si une durée de traitement de 24 semaines serait suffisante pour l’infection au génotype 2/3, mais par analogie avec les obserHépatologie 2001: Interféron-α pégylé et ribavirine – le nouveau standard dans le traitement de l’hépatite C chronique

The content you want is available to Zendy users.

Already have an account? Click here to sign in.
Having issues? You can contact us here
Accelerating Research

Address

John Eccles House
Robert Robinson Avenue,
Oxford Science Park, Oxford
OX4 4GP, United Kingdom