Gériatrie - Une jeune discipline peut enchir le quotidien des internistes
Author(s) -
Christine Chappuis
Publication year - 2001
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2001.04356
Subject(s) - art , humanities , philosophy
Depuis le 1.1.2000, la gériatrie fait partie intégrante du titre de médecin spécialisé de médecine interne en tant que l’une des disciplines principales [1]. Ainsi la gériatrie a-t-elle acquis à cette date sa véritable reconnaissance en tant que discipline spécialisée avec formation de perfectionnement spécifique; elle est donc vieille aujourd’hui de 5 trimestres. La Société Suisse de Médecine Interne (SSMI) a d’une part pris en compte le développement d’une manière rétrospective, et a d’autre part reconnu la nécessité de mettre sur pied, dans une perspective d’avenir, une formation de perfectionnement dans le domaine de la gériatrie; en effet, les internistes ont à faire aujourd’hui à un pourcentage plus élevé de patients âgés de plus de 65 ans et sont ainsi des praticiens vieillissant avec des patients vieillissants, les internistes en milieu hospitalier soignent eux aussi de plus en plus de patients de structures d’âge modifiées. Alors que lors de mon premier poste d’assistant dans le service de médecine interne de l’Hôpital communal de Riehen, p. ex., j’avais rarement à soigner des patients âgés de plus de 90 ans et au maximum 10% de patients âgés de plus de 80 ans, jusqu’à un tiers des patients stationnaires de médecine interne sont aujourd’hui âgés de plus de 80 ans. La nécessité de formateurs qualifiés pour des formations de base et de perfectionnement dans le domaine spécialisé de la gériatrie pour la transmission de comportements, de capacités et de savoir-faire des médecins est incontestée. En quoi consiste donc cette contribution? Quels sont les objectifs d’étude de la formation de perfectionnement? Quels sont les aspects motivant le choix de la gériatrie comme titre d’importance? Au cours des longues années de préparation au sein de la Société suisse de gériatrie, on a pu entendre l’argument récurrent suivant: chaque interniste soigne des patients âgés, pratique donc la gériatrie, est donc un gérontologue; inutile autrement dit de réinventer la roue. Il est bien sûr exact que chaque interniste a toujours traité des patients âgés; mais il est vrai aussi que des améliorations sont nécessaires – et possibles – dans le traitement de ces patients. L’expérience d’un passé récent dans le domaine de la pédiatrie nous montre la même évolution: au début du vingtième siècle, des médecins pratiquants ont exprimé le point de vue qu’ils étaient aussi des pédiatres dans le cadre de leur travail quotidien, que des spécialistes supplémentaires étaient donc inutiles. Les médecins de famille ont cependant reconnu au fil des années que des collègues qui s’étaient préoccupés de cette matière de manière approfondie pouvaient leur être d’une grande utilité dans leur travail quotidien. Et un exemple d’aujourd’hui issu de notre travail confirme cette manière de voir: lors du traitement de problèmes hématologiques et cardiologiques dans le quotidien du cabinet et de l’hôpital, nous considérons comme une aide précieuse la possibilité de recourir aux conseils d’hématologues ou de cardiologues. Ces expériences rapidement décrites ici induisent donc la tâche pour la gériatrie d’apporter sa propre contribution à la médecine interne en rendant visibles et conscientes ses découvertes scientifiques particulières [2] et ses méthodes de travail [3], et éveille chez les collègues la tendance à adopter ses expériences et à les intégrer de manière accrue dans leur quotidien professionnel.
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