Dyspnée. Partie I: Bases et physiologie pathologique
Author(s) -
M Gugger,
H Bachofen
Publication year - 2001
Publication title -
forum médical suisse ‒ swiss medical forum
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-6146
pISSN - 1661-6138
DOI - 10.4414/fms.2001.04035
Subject(s) - philosophy
La respiration exige un travail musculaire. Ce travail est effectué la plupart du temps de manière inconsciente (p. ex. pendant le sommeil), mais il peut aussi être maîtrisé et modifié consciemment (p. ex. pour jouer de la trompette). Même lors de maîtrise consciente, la respiration n’est pas ressentie en règle générale comme une chose désagréable. Si par contre la respiration est insuffisante, augmentée ou empêchée de manière anormale, le sujet ressent à travers l’expérience consciente une sensation pénible, c’est-à-dire une détresse respiratoire resp. une dyspnée. Depuis les origines connues de la médecine, on a recherché des explications à la dyspnée. C’est seulement au 19e siècle qu’on a essayé d’établir une relation entre celle-ci et des modifications définies d’organes. Ainsi a-t-on fait la distinction entre dyspnée pulmonaire, dyspnée cardiaque et dyspnée rénale. Si le pathologiste ne trouvait aucune corrélation morphologique correspondante chez la personne décédée, on émettait le postulat d’une dyspnée neurogène resp. d’origine psychique. On ne se préoccupait guère à l’époque des mécanismes de la genèse de la dyspnée: l’objectif, à savoir le soulagement de la dyspnée même comme symptôme non défini, était donné par le traitement du/des organe(s) malades. On est généralement resté fidèle à cette conception jusqu’à aujourd’hui. Les physiologues n’ont pas manifesté non plus à l’époque un grand intérêt pour les mécanismes provoquant une dyspnée. Ils ont plutôt concentré leurs efforts sur les problèmes de régulation de la respiration. L’observation «secondaire» selon laquelle la rétention respiratoire volontaire de la respiration (breathholding), qui a pour résultat une hypoxémie et une hypercapnie, est limitée par un besoin irrésistible de reprendre sa respiration, c’est-à-dire par une sorte de dyspnée, a fondé la théorie des chémorécepteurs chimiques de la dyspnée. D’un autre point de vue, les neurophysiologistes ont considéré l’activité des motoneurones respiratoires dans la moelle épinière et leur commande par des réflexes pulmonaires (HeringBreuer) comme des capteurs de la dyspnée, et ont développé la théorie des réflexes. Ce n’est qu’au milieu du 20e siècle que le travail respiratoire anormalement accru et les afférences correspondantes issues de la musculature respiratoire ont été complètement reconnus en tant que stimuli de la dyspnée, et qu’une théorie mécanique a occupé le premier plan. Malgré, respectivement à cause des contradictions entre les différentes approches, on est finalement parvenu à l’adoption unanime du point de vue qu’il n’existe pas de stimulus singulier de la dyspnée ni de centre de la dyspnée. Tous les éléments (activité du centre de la respiration, mécanisme de la respiration, récepteurs chimiques, récepteurs mécaniques des poumons et du thorax, gaz du sang) sont des composants du réseau de la régulation respiratoire, et les afférences correspondantes ont accès à la conscience et jouent ainsi un rôle dans la genèse de la dyspnée. Ces aspects physiologiques ne représentent cependant qu’une partie du complexe global. Au cours des dernières décennies, la recherche a concentré ses efforts sur les aspects aussi importants que sont la saisie, la perception et l’évaluation subjective du symptôme dyspnée.
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