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Diversité des formes familiales, avec quelles conséquences ?
Author(s) -
Jean Martin
Publication year - 2017
Publication title -
bulletin des médecins suisses
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-5948
pISSN - 1424-4012
DOI - 10.4414/bms.2017.06052
Subject(s) - cons , computer science , programming language
C’est en 1978 que Edwards et Steptoe permettaient la naissance du premier «bébé-éprouvette», en Angleterre. La Société suisse de psychologie, en septembre dernier à Lausanne, avait invité la Prof. Susan Golombok, du Centre for Family Research de l’Université de Cambridge, à parler du thème «Modern families: parents and children in new family forms». A la naissance de Louise Brown, le magazine Time avait titré «The most awaited birth in perhaps 2000 years»... Cette réussite avait frappé les esprits, mais on n’imaginait guère les développements extraordinaires qui s’ensuivraient. De nombreuses questions étaient posées: Qu’allait être le devenir psycho-social et sociologique des enfants nés de procréation médicalement assistée (PMA) et de leurs parents. Comment seraient résolus les aspects pratiques et juridiques liés à des notions ainsi bousculées, notamment procréation et filiation. Quid des tempêtes que pourraient causer ces nouvelles «constellations» dans la société? Au Royaume-Uni, de hautes instances judicaires avaient à l’époque interdit certaines modalités au motif de leurs effets délétères postulés – et on retirait la garde de leurs enfants aux mères lesbiennes qui en avaient eu (dans un partenariat hétérosexuel)! Partout aujourd’hui, ces questions sont débattues (à ce stade, 6,5 millions d’enfants sont nés par FIV). En Suisse, la Commission nationale d’éthique a publié en 2013 un rapport étoffé sur la PMA et les perspectives y relatives [1]. Les travaux scientifiques de S. Golombok et coll. [2, 3] portent sur l’évolution des membres des familles «nouvelles»: avec don de gamète (sperme ou ovule), avec mère de substitution (surrogate – gestationnelle ou, en plus, génétique), familles gays (à deux mères ou deux pères), ainsi que les mères seules par choix (plutôt que par divorce ou partenaire absent). Leurs résultats ont mis au défi certaines idées/craintes à propos de ces familles. Elles démontrent que les paramètres structurels (nombre de personnes dans la famille, genre, orientation sexuelle, liens génétiques – ou pas – des parents aux enfants) sont moins importants pour le bien-être des enfants que la qualité des relations intrafamiliales [3]. «IVF families are doing well»; les enfants peuvent prospérer – ou non – aussi bien dans ces familles différentes que dans les traditionnelles. Points particuliers: dans les familles à deux mères, les «comothers» sont plus impliquées avec les enfants que ne le sont les pères. Et plus des 90% des enfants vivant dans des familles à parents gays développent une orientation hétérosexuelle. Une question majeure, dans ce domaine et ailleurs, est celle du secret (quant au fait qu’il y a eu PMA, don de gamète ou grossesse pour autrui – GPA). Les études confirment que les enfants qui ont été informés (surtout si c’est tôt, vers 4–7 ans) le vivent mieux que ceux maintenus dans l’ignorance. Est confirmé aussi que, très généralement, les enfants sentent qu’on leur cache quelque chose. «Les secrets créent des frontières», dit Golombok. Au reste, il ne s’agit pas de nier la difficulté pour des parents FIV d’en parler à leur progéniture; mais souvent les parents qui n’ont rien dit à leur enfant en ont parlé à d’autres autour d’eux! Développement aux Etats-Unis: le Donor Sibling Registry, un site où les enfants nés par PMA avec don de

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