Une tragédie grecque
Author(s) -
Samia Hurst
Publication year - 2017
Publication title -
bulletin des médecins suisses
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-5948
pISSN - 1424-4012
DOI - 10.4414/bms.2017.05458
Subject(s) - medicine
Aujourd’hui, je vais vous raconter une tragédie. Tout du moins une histoire où les personnes souffrent et sont le jouet de forces qui les dépassent. XXIe siècle oblige, ces forces ne seront pas des divinités capri cieuses ni les lois du destin, mais celles du marché et de l’économie. Premier acte: En décembre 2016, la filiale grecque de Novartis est accusée de corruption à large échelle dans le but de maintenir élevés les prix de certains médica ments oncologiques. Un des cadres convoqué par la justice fait une tentative de suicide. Il explique son geste en clamant qu’il ne veut pas être le bouc émis saire [1]. La maison mère de Novartis rappelle que l’entreprise est attachée «aux critères les plus éle vés en matière de conduite éthique des affaires et de conformité réglementaire dans tous les aspects de son activité et prend très au sérieux toute allégation de mauvaise conduite». Elle annonce une pleine collabo ration avec la justice. Deuxième acte: Ce n’est en fait pas la première fois que Novartis est accusée de corruption. Sous enquête en Corée du Sud depuis l’été dernier, mise à l’amende en Chine en 2015, la firme a négocié une amende de 390 mil lions USD aux EtatsUnis après des accusations sem blables. A chaque fois, la réaction est la même: il s’agit d’agissements locaux, face auxquels la tête de l’entre prise se distancie, rappelle que ses règles les interdisent [2], et promet une pleine collaboration avec la justice.
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