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Sécurité et confiance
Author(s) -
Barbara Züst
Publication year - 2015
Publication title -
bulletin des médecins suisses
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-5948
pISSN - 1424-4012
DOI - 10.4414/bms.2015.03938
Subject(s) - library science , political science , computer science
Les maladies sont une source d’inquiétude physique et psychologique. Le besoin de réconfort et de sécurité est donc l’une des principales préoccupations des patients. Un patient sécurisé accordera plus facilement sa confiance au personnel médical. Mais l’inverse est également vrai: le comportement adéquat des professionnels suscitera la confiance du patient. La confiance, c’est d’avoir le sentiment que les prestations qui me sont prodiguées le sont véritablement dans mon intérêt. Mais c’est aussi de savoir que dans le cadre de l’anamnèse, mes observations de la maladie et les informations que je communique au médecin jouent un rôle majeur. Sur le plan diagnostique notamment, le patient contribue largement au succès thérapeutique. C’est ce qu’a très clairement démontré un nouveau cas récent particulièrement tragique qui nous avait été soumis pour examen [1]. Un jeune trentenaire qui venait de rentrer en Suisse après un séjour de trois semaines dans son pays d’origine en Europe de l’Est consulte un médecin en raison de douleurs persistantes à la nuque et à la tête ainsi que d’une sensibilité à la lumière. Il lui expose son épisode fiévreux, ses trois vomissements ainsi que la vision double dont il souffre depuis plusieurs jours. Le scanner du crâne ne révèle aucune anomalie. Après une nuit passée en observation et l’administration de médicaments antalgiques, les médecins constatent une amélioration et le laissent rentrer chez lui. Une dizaine de jours plus tard, il signale de nouveaux maux de tête, des nausées, des vomissements, une sensibilité à la lumière et une tachycardie inquiétante. Après divers examens (examen cardiaque et IRM du crâne), les médecins traitants supposant qu’il s’agit d’une maladie inflammatoire et non infectieuse lui prescrivent de la cortisone. Ce n’est que trois jours plus tard que des antibiotiques lui sont administrés en complément, notamment en raison de taux croissants de leucocytes, de lactate et de liquide céphalorachidien. Moins de dix jours après son hospitalisation, le patient perd soudainement conscience et subit un arrêt respiratoire. Les mesures de réanimation restent vaines. L’autopsie révèle alors une méningite avec des abcès au cervelet et au tronc cérébral. Malgré d’intensives recherches – y compris la détection de matériel génétique de bactéries spécifiques –, l’agent pathogène demeure inconnu. Ce n’est qu’après ce décès tragique que des échanges avec les proches ont révélé le traitement dentaire que le jeune homme avait subi dans son pays d’origine suite à des maux de dents. C’était à ce moment-là que les maux de tête et les troubles décrits plus haut étaient apparus. Suspectant une méningite, le médecin consulté sur place avait voulu lui administrer des antibiotiques. Mais le jeune homme avait préféré se faire soigner en Suisse. A posteriori, il est clair que le manque de communication – malgré la transmission du dossier médical rédigé en langue étrangère – a largement contribué au déroulement tragique. Les médecins savent combien l’anamnèse est importante pour établir le diagnostic: une réalité souvent méconnue du patient qui apprécie d’être instruit dans ce sens. Tous les progrès techniques de la médecine ne remplaceront jamais l’échange d’informations entre le patient et son médecin. L’anamnèse et les informations recueillies auprès de tiers demandent certes du temps, mais permettent souvent un important gain de temps ultérieur. Une relation de confiance est importante pour que la communication entre médecin et patient puisse fonctionner. © A le xa n d er R at h s | D re am st im e. co m DOSSIER: SÉCURITÉ DES PATIENTS OSP Organisation Suisse des Patients 1362

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