Médecine hautement spécialisée dans le domaine de l’oncologie: le fer de lance d’une centralisation des soins ambulatoires?
Author(s) -
Jürg Nadig,
Günther Gruber,
Markus Trutmann,
Marcus Schwöbel,
Erika Ziltener,
Urs Saxer,
Andreas Lohri
Publication year - 2013
Publication title -
bulletin des médecins suisses
Language(s) - French
Resource type - Journals
eISSN - 1661-5948
pISSN - 1424-4012
DOI - 10.4414/bms.2013.01299
Subject(s) - centralisation , political science , law
La médecine hautement spécialisée dans le domaine de l’oncologie («MHS oncologie») est-elle un tigre de papier ou le fer de lance d’une structure de soins centralisatrice? Le rapport sur la MHS oncologie élaboré par un groupe d’experts au cours des trois dernières années a été publié le 11 décembre 2012 par la Conférence suisse des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) pour une procédure de consultation de cinq semaines. Il s’agit à première vue d’un tigre de papier, la convention intercantonale relative à la médecine hautement spécialisée (CIMHS) ne per mettant de planifier, par l’intermédiaire de la liste des hôpitaux, qu’environ 5 % des soins oncologi ques. Cela concerne essentiellement les interven tions chirurgicales nonambulatoires. En y regardant de près, le concept se transforme toutefois en fer de lance d’une centralisation des soins dans le domaine ambulatoire. Si la MHS oncologie était mise en œuvre comme proposée, cela représenterait une in tervention massive sur la structure de soins en onco logie. Sept «Comprehensive Cancer Centers» (CCC), dans leurs régions respectives, établiraient des guidelines contraignantes et dirigeraient le flux des pa tients, restreignant ainsi le libre choix du médecin et de l’hôpital. Les CCC se partageraient le territoire suisse en cinq à sept régions cartellisées. Les presta tions des hôpitaux nonuniversitaires seraient res treintes: ils ne pourraient plus administrer de théra pie médicamenteuse ciblée moderne, quand bien même ils réalisent ces prestations depuis des années avec une haute qualité et sans contestation aucune. Cela amènerait à une restriction de la liberté théra peutique. Pour les patients, cela pourrait signifier que leurs traitements ne sont pris en charge par les caissesmaladie que s’ils sont prescrits par un CCC. Au lieu d’un registre de qualité national, chacun des sept CCC gèrerait son propre registre. Toutes les ins titutions subordonnées devraient livrer leurs don nées à ces registres. Le CCC respectif aurait la souve raineté sur les données; il les analyserait et les publie rait. Le CCC déterminerait également les prestataires avec lesquels il souhaiterait collaborer.
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