Un cas de forêt linéaire ancienne dans les paysages ruraux : de la difficile reconnaissance des haies anciennes à l’étude de leur diversité végétale
Author(s) -
Déborah ClossetKopp,
Emilie GalletMoron,
Jérôme Buridant,
Jonathan Lenoir,
Guillaume Decocq
Publication year - 2017
Publication title -
revue forestière française
Language(s) - French
Resource type - Journals
SCImago Journal Rank - 0.11
H-Index - 13
eISSN - 1951-6827
pISSN - 0035-2829
DOI - 10.4267/2042/67871
Subject(s) - art , geography
La haie est incontestablement un élément des paysages ruraux, qui atteint son plus fort développement dans les systèmes bocagers, où elle revêt souvent une valeur de marqueur identitaire pour les habitants. En de maints lieux pourtant, la révolution « verte » des années 1960 et les opérations de remembrement qui ont suivi, ont éliminé la haie du paysage et celle-ci est souvent perçue comme une relique d’un système économique paysan désuet. Pourtant, l’émergence de préoccupations environnementales et, récemment, la politique des « trames vertes » (loi Grenelle 2) amènent à un nouveau regard sur ces linéaires boisés, qui acquièrent le statut de possible « corridor écologique » pour la flore et la faune forestières dans des paysages fortement anthropisés où la surface forestière est généralement très fragmentée, corridors susceptibles d’aider nombre d’espèces forestières à faire face aux migrations induites par le réchauffement climatique, mais aussi de délivrer aux sociétés un grand nombre de « services écosystémiques ». Ainsi, les haies sont de plus en plus perçues comme des habitats « naturels », alors qu’elles sont, dans la plupart des cas, des plantations artificielles, des créations humaines qui trouvent leur apogée dans les paysages bocagers, archétypes d’une nature anthropisée. Certes, les traces de l’artificialisation sont parfois devenues indiscernables quand les haies sont laissées en évolution libre et se sont ensauvagées : plus une haie est vieille, plus elle accumule d’espèces, conformément à la relation temps-espèces bien connue des écologues (Rosenzweig, 1995). Les haies peuvent ainsi être considérées comme des « objets hybrides », à la fois naturels et culturels, des objets fabriqués au devenir naturel que l’on ne maîtrise pas complètement, manifestation à part entière de la « technonature » (Larrère et Larrère, 2009).
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