Parcs agroforestiers sahéliens : de la conservation à l’aménagement
Author(s) -
Georges Smektala,
Régis Peltier,
Nicole Sibelet,
Maya Leroy,
Raphaël J. Manlay,
Clément Forkong Njiti,
Mama Ntoupka,
Aboubakar Njiemoun,
O. Palou,
Tapsou Tapsou
Publication year - 2005
Publication title -
vertigo
Language(s) - French
Resource type - Journals
ISSN - 1492-8442
DOI - 10.4000/vertigo.4410
Subject(s) - forestry , geography , humanities , art
Au Nord-Cameroun, comme dans l’ensemble des zones semi-arides africaines, les agriculteurs ont depuis longtemps defriche les savanes arborees pour les mettre en culture. Ce defrichement a souvent ete selectif : les cultivateurs ont conserve les arbres peu genants ou utiles. Par la suite, ils ont parfois enrichi ces systemes agroforestiers en introduisant de nouvelles especes ou en conservant une partie de la regeneration naturelle. En fonction de la composition du peuplement arbore d’origine, des conditions ecologiques, des savoirs et des besoins des populations et de leur environnement socio-economique, differents types de parcs arbores se sont ainsi construits, dont les plus connus sont les parcs a faidherbia (Faidherbia albida) et les parcs a karite (Vitellaria paradoxa). De 1950 a 1990, les Administrations forestieres ont surtout cherche a proteger les arbres situes dans les champs et dans les formations naturelles, en interdisant la coupe. Ces politiques de conservation, si elles ont permis le maintien des parcs, ont eu aussi un effet contre-productif car les agriculteurs se sont sentis depossedes de la gestion de leur patrimoine, si bien qu’ils n’ont plus conserve ou plante de jeunes arbres et que les peuplements ont vieilli. Des actions de recherche-developpement montrent qu’il est possible de re-dynamiser la gestion de ces systemes agroforestiers, a l’echelle des exploitations agricoles et a celle des communautes villageoises. Cela suppose une securisation des droits sur l’arbre qui peut passer par la creation de "forets communautaires", instituees par la loi forestiere camerounaise de 1994, et pouvant inclure le parc agroforestier villageois. Des lors, il y a transfert de propriete des arbres de l’Etat vers la communaute, ce qui ouvre le droit a leur exploitation dans le respect d’un plan de gestion. Afin de preparer cette demarche, les pratiques traditionnelles raisonnees de gestion des arbres ont ete decrites ; une methode d’emondage conciliant conservation et developpement du tronc, production de feuilles, de fruits et de bois a ete testee, ce qui a permis de mesurer le stockage de biomasse sur pieds et la production annuelle. Une reflexion sur la combinaison des techniques de gestion dans le cadre d'un amenagement des parcs a ete conduite et des pistes pour des modeles d’amenagement simplifie des parcs ont ete proposees. Ces amenagements permettraient de concilier notamment la production par emondage de bois de feu, ressource rare, et la perennite des parcs. Cette demarche recueille aussi l’appui des hauts responsables de l’Administration et des organismes de recherche et de developpement, malgre la reticence d’une partie des agents administratifs de base qui craignent d’y perdre leur pouvoir et leurs avantages. Ces enjeux de changements demandent donc a etre soutenus et devraient trouver un appui favorable aupres du Fonds pour l'Environnement Mondial puisqu'ils rentrent dans le champ de plusieurs conventions internationales : convention pour la diversite biologique, convention sur le changement climatique, convention de lutte contre la desertification.
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