Bonnefoy traducteur : à quoi bon encore des sonnets ?
Author(s) -
Bertrand Degott
Publication year - 2004
Publication title -
études épistémè
Language(s) - French
Resource type - Journals
ISSN - 1634-0450
DOI - 10.4000/episteme.3834
Subject(s) - sonnet , humanities , philosophy , art , poetry , linguistics
Depuis 1994, Yves Bonnefoy publie par fragments sa traduction des Sonnets. La forme retenue est irreguliere, puisqu’elle compte entre 14 et 20 vers libres, suivant toutefois une « decoupe en toujours et seulement quatre strophes, l’une, la derniere, plus breve ». Dans un article a dominante polemique, on a cherche a comprendre ce choix formel a priori deconcertant, tout en questionnant sa validite.Dans une premiere partie intitulee « Shakespeare a l’epreuve du hasard », on presente d’une part la traduction du poete et le sonnet aleatoire qu’elle met en œuvre, et d’autre part l’argumentaire du poeticien : ici comme ailleurs Bonnefoy refuse les seductions de la parole — notamment le wit shakespearien et la forme traditionnelle du sonnet — afin de valoriser le dire du poete. Dans une seconde partie, a la faveur d’un « detour par l’œuvre de Bonnefoy », poete et traducteur, on etudie ses reticences touchant le Shakespeare des Sonnets, mais aussi concernant la forme sonnet, qu’il n’a cependant pas toujours ecartee de maniere aussi radicale. Dans une derniere partie, intitulee « Mes reserves », on montre que cette traduction qui tend a l’expansion tire la poesie du cote de la pensee, du discours. Et l’on se demande alors si en inventant un sonnet aleatoire Bonnefoy resout une veritable question de traduction, si ce n’est pas davantage une facon d’alimenter le puritanisme ambiant en matiere de forme, de souscrire au « poetiquement correct ».
Accelerating Research
Robert Robinson Avenue,
Oxford Science Park, Oxford
OX4 4GP, United Kingdom
Address
John Eccles HouseRobert Robinson Avenue,
Oxford Science Park, Oxford
OX4 4GP, United Kingdom