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Inde-Israël : le nouvel élément-clé de l'axe du Bien ?
Author(s) -
Christophe Jaffrelot
Publication year - 2003
Publication title -
critique internationale
Language(s) - French
Resource type - Journals
SCImago Journal Rank - 0.247
H-Index - 15
eISSN - 1777-554X
pISSN - 1290-7839
DOI - 10.3917/crii.021.0024
Subject(s) - political science , philosophy
dernier est passée bien à tort inaperçue car elle a parachevé un rapprochement spectaculaire entre Tel-Aviv et New Delhi : jamais encore un chef de gouvernement israélien ne s’était rendu dans la capitale indienne. Nés l’un et l’autre à la fin des années quarante, les deux pays ont en effet passé un demi-siècle à s’ignorer, tout du moins au plan officiel. Certes, l’Inde a reconnu l’État d’Israël en 1950, mais il aura fallu attendre 1992 pour l’ouverture des ambassades. Les deux pays s’opposaient à un double titre : l’Inde, bien que non alignée, entretenait des liens très forts avec l’URSS (avec laquelle elle signa un traité d’amitié et de coopération en 1971) tandis qu’Israël devait trouver aux États-Unis ses plus solides soutiens. En outre, l’Inde avait pris fait et cause pour les Palestiniens dès 1947, lorsque New Delhi avait proposé au Comité spécial des Nations unies sur la Palestine (UNSCOP) la création d’une Palestine fédérale assortie d’une autonomie interne pour les juifs. La position indienne s’expliquait en partie par l’importance de sa population musulmane, que le parti du Congrès, au pouvoir de 1947 à 1977, cherchait à séduire par tous les moyens à des fins électorales. Dans les années quatre-vingt-dix, ce cadre politique a volé en éclats. L’insurrection cachemirie commencée en 1989 et l’essor du « terrorisme islamiste » puis l’escalade militaire avec le Pakistan ont amené l’Inde à rechercher auprès d’Israël le savoir-faire et les armes qui lui faisaient défaut car plus rien n’y faisait sérieusement obstacle : d’une part, l’effondrement de l’URSS et la fin de la guerre froide la conduisaient à se repositionner sur la scène internationale – elle s’est même souciée de se rapprocher des États-Unis parallèlement au tournant libéral qu’elle faisait prendre à son économie ; d’autre part, le Congrès avait perdu le pouvoir à New Delhi au profit d’une coalition dirigée par une formation nationaliste hindoue, le Bharatiya Janata Party, qui se soucie peu du vote musulman. Le réchauffement des relations indo-israéliennes s’est encore accentué dans le contexte de l’après-11 septembre, avec la bénédiction de Washington et en partie grâce à l’entremise des diasporas hindoue et juive aux États-Unis. Mais ce processus peut-il véritablement déboucher sur un « axe du Bien » unissant New Delhi, Tel-Aviv et Washington ? Inde-Israël : le nouvel élément-clé de l’axe du Bien ?

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