Nô de Robert Lepage, ou Hiroshima mon amour revu par Feydeau
Author(s) -
Marie-Chantal Killeen
Publication year - 2016
Publication title -
quebec studies
Language(s) - French
Resource type - Journals
SCImago Journal Rank - 0.101
0eISSN - 2052-1731
pISSN - 0737-3759
DOI - 10.3828/qs.2016.19
Subject(s) - art , humanities
Dans son documentaire sur Hiroshima mon amour, Luc Lagier assimile le film-culte d’Alain Resnais à “un fantôme qui hante discrètement le cinéma contemporain” depuis 1959. Parmi la postérité protéiforme de ce revenant qui décidément n’en finit plus de revenir sur le grand écran, je me propose d’examiner ici le film Nô du cinéaste et dramaturge québécois Robert Lepage. Largement salué par le public et la presse au moment de sa sortie en 1998, Nô constitue un étonnant hommage au chef-d’œuvre de Resnais. Jusqu’à présent, la critique s’est contentée de mentionner au passage la référence intertextuelle sans pour autant montrer à quel point, et a fortiori comment et pourquoi, Nô s’imprègne d’Hiroshima mon amour. Car pour peu qu’on s’y attarde, on s’aperçoit que le film de Lepage est porté par un étourdissant jeu d’échos, de rappels, et de renvois à l’œuvre de Resnais qu’il réfléchit à la manière d’un de ces miroirs déformants que renferment les baraques foraines. Lepage n’y repère pas simplement un cadre exotique pour camper son histoire: il y puise au surplus tout un dispositif narratif qui lui permet de prendre en écharpe la question épineuse de l’Histoire et de la mémoire collective
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