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Une famille de petits notables dans l’Atlantique français : les Morin de Plaisance à Saint-Pierre et Miquelon, 1705–1785
Author(s) -
Nicolas Landry
Publication year - 2016
Publication title -
acadiensis
Language(s) - French
Resource type - Journals
SCImago Journal Rank - 0.139
H-Index - 7
eISSN - 1712-7432
pISSN - 0044-5851
DOI - 10.1353/aca.2016.0006
Subject(s) - geography , art , humanities
QUOIQUE L’HISTORIOGRAPHIE DE LA NOUVELLE-FRANCE soit riche en publications sur les élites coloniales, entre autres celles des colonies françaises du golfe du Saint-Laurent (Plaisance, Île Royale, Acadie et Gaspésie), un certain nombre d’acteurs secondaires attendent toujours leurs historiens1. L’une des familles moins connues des historiens est celle des Morin. En dépit de leur absence des livres d’histoire, le parcours de certains de ses membres est révélateur des stratégies de promotion sociale de l’époque. On pense surtout à l’importance du mariage, du commerce et du fonctionnement de l’État dans l’Ancien Régime en tant qu’outils favorisant la mobilité sociale si chère aux coloniaux ambitieux. Dans le cas qui nous intéresse, s’ajoutent la mobilité géographique des Morin et leur capacité d’adaptation aux contraintes géopolitiques du 18e siècle. En outre, l’étude de ce parcours familial relativise la fameuse coupure de 1763 censée mettre un terme au Régime français dans le golfe du Saint-Laurent. Bien que la famille Morin ne fasse pas véritablement partie de l’élite coloniale prédominante, ses membres démontrent indubitablement que les liens de parenté et les stratégies économiques étaient essentiels à l’avancement socioéconomique des familles ambitieuses de l’Atlantique français. Ne nous y trompons pas, cette famille est ambitieuse et sa persévérance à demeurer dans l’Atlantique Nord jusqu’aux années 1780 le démontre bien. L’approche méthodologique privilégiée pour mieux cerner le cheminement des Morin se déploie en quatre volets : les mariages stratégiques, les relations commerciales, les migrations et la continuité d’une présence dans l’Atlantique français après 1763. Ce texte aspire à tracer le parcours d’une famille de petits notables, qui tentait de se tailler une place enviable dans la société coloniale française du Canada atlantique du 18e siècle. Une des particularités de cette famille est que son histoire, comme celle d’un bon nombre de ses compatriotes d’alors, couvre trois époques de la présence française dans la région, soit de Plaisance à Saint-Pierre et Miquelon2. La famille qui m’intéresse est celle de Claude Morin dit Langevin et de ses fils, plus particulièrement Antoine. L’expression « petits notables » traduit en quelque sorte notre hypothèse de départ, soit que cette famille, bien qu’elle préconise les mêmes

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