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Mettons de l'avant une stratégie nationale de garde à l'enfance
Author(s) -
Danielle Grenier,
Denis Leduc
Publication year - 2009
Publication title -
paediatrics and child health
Language(s) - French
Resource type - Journals
SCImago Journal Rank - 0.55
H-Index - 43
eISSN - 1918-1485
pISSN - 1205-7088
DOI - 10.1093/pch/14.1.7
Subject(s) - art , humanities , political science , medicine
Les effets des premieres annees sur les chances de reussite de l’enfant plus tard dans la vie sont incontestables. Grâce a une meilleure comprehension du lien entre les premieres experiences, le developpement du cerveau et les resultats, nous connaissons les possibilites uniques que procure la petite enfance (1). Les donnees probantes continuent de demontrer que la qualite, le type et la disponibilite des services de garde a l’enfance contribuent enormement aux previsions quant au developpement de l’enfant (2). Comme beaucoup l’ont affirme, cette realite est importante non seulement pour les parents, les enseignants et les pediatres – ainsi que pour les nombreuses autres personnes qui s’occupent des enfants et travaillent avec eux –, mais c’est egalement une connaissance essentielle pour l’avenir de la nation (3). Des investissements dans des services d’apprentissage et de soins de la petite enfance de qua-lite pourraient donner des resultats considerables. Alors pourquoi le Canada se classe-t-il si mal en matiere de depenses globales pour les familles et les enfants au sein des pays industrialises, notamment dans le secteur des services d’apprentissage et de soins de la petite enfance (4)? Il n’y a pas si longtemps, un leadership national sur cette question essentielle semblait se dessiner. En effet, en 2004, le gouvernement federal de l’epoque s’est engage a verser cinq milliards de dollars repartis sur cinq ans afin que les enfants aient acces a des places en milieu de garde de qualite, reglementees par le gouvernement et abordables pour les parents (5). Le gouvernement federal et de nombreux gouvernements provinciaux et territoriaux ont signe des ententes a cet egard, en vertu desquelles le gouvernement federal devait transferer des fonds aux provinces et aux territoires qui elaboraient des plans d’apprentissage et de soins de la petite enfance. La realisation de la vision longtemps attendue d’un cadre national d’education a la petite enfance etait a portee de la main. A l’epoque de ces discussions, l’Organisation de cooperation et de developpement economiques a salue la collaboration entre les territoires de competence canadiens et l’a citee comme une force sur laquelle fonder les futurs progres. Cependant, elle a averti qu’« il faudra[it] investir des efforts et des fonds importants dans ce secteur pour creer un systeme universel correspondant aux besoins d’une economie de plein emploi, respectant l’egalite entre les sexes et proposant une nouvelle comprehension de la facon dont les jeunes enfants se developpent et apprennent » (6). L’Organisation de cooperation et de developpement economiques a egalement recommande que le Canada cree un cadre national de qualite et augmente de maniere sub-stantielle le financement public des services aux jeunes enfants. Avec l’arrivee d’un nouveau gouvernement federal en janvier 2006, la politique a change. Les ententes en matiere de services de garde ont ete annulees. Pronant une philosophie de choix parental, le gouvernement a adopte un programme de versements mensuels imposables de 100 $ aux familles pour chaque enfant jusqu’a six ans. Il a egalement prevu 250 millions de dollars en paiements de transfert aux provinces et aux territoires, ainsi qu’un credit d’impot pour les entreprises qui prevoyaient de nouvelles places de garde en milieu de travail. Le dossier des services de garde etait ainsi pratiquement clos, et la vision d’un cadre national d’apprentissage et de soins de la petite enfance venait de disparaitre. Pourtant, le besoin de soins non parentaux est la pour rester. Les familles se fient plus que jamais aux services de garde. En effet, les chercheurs estiment qu’au moins 70 % des enfants de six mois a six ans les frequentent (7). Malgre le recours generalise a ces services, les parents demeurent largement responsables de chercher, de trouver, de payer et de surveiller les services de garde destines a leurs enfants d’âge prescolaire. Les places reglementees representent une minorite des possibilites de services de garde parmi lesquelles les parents peuvent choisir. Dans l’hypothese la plus optimiste, le « systeme » d’apprentissage et de soins de la petite enfance du Canada constitue une mosaique de politiques et de programmes qui cree des inegalites geographiques et financieres. Les familles qui se fient a des soins non parentaux (s’ils en trouvent) n’ont aucune garantie de pouvoir offrir un environnement stimulant et enrichissant a leur enfant, qui soutient et ameliore son developpement. Les mesures de qualite, y compris le ratio enfantseducatrice, les competences minimales du personnel et la dimension des groupes, varient enormement selon la region du pays. Les defenseurs d’interets continuent donc de demander un leadership national en matiere de services d’apprentissage et de soins de la petite enfance. Tous les enfants ont le potentiel d’etre stimules par des services d’apprentissage et de soins de la petite enfance de qualite et d’en profiter. De plus, tous les enfants en milieu de garde ont droit aux avantages que procure un milieu enrichissant et stimulant. Il ne suffit pas de « s’occuper » des enfants en l’absence des parents. Les services de garde sont desormais etroitement relies a des occasions d’apprentissage durant la petite enfance, qui aident les enfants a porter au maximum leur potentiel de developpement. Pourtant, malgre les donnees probantes sur les bienfaits de programmes biens concus et bien dispenses, il arrive souvent que la qualite des milieux de garde ne permette pas de soutenir le developpement optimal des enfants (7). Selon la Childcare Resource and Research Unit (5), pour ce qui est des mesures de qualite et d’accessibilite, qui font partie des facteurs cles pour definir le type de soins dont profitent les enfants, le Canada n’a pas progresse ces dernieres annees. La Societe canadienne de pediatrie (SCP) est d’avis que le seul moyen d’obtenir une amelioration durable de ces services consiste a adopter une strategie nationale de services d’apprentissage et de soins de la petite enfance. La SCP a recemment vecu deux etapes importantes dans le secteur du developpement de la petite enfance : 1) la publication d’un document de principes probant sur les repercussions de la frequentation des services de garde sur la sante des enfants et 2) la publication tant attendue de la deuxieme edition de l’ouvrage Le bienetre des enfants : Un guide sur la sante en milieu de garde. Apres une analyse bibliographique, le document de principes demande de concevoir deliberement des centres de qualite, d’exiger des ratios enfantseducatrice pertinents ainsi que du personnel forme et un systeme de soins de qualite accessible et a cout abordable (8). Quant au bienetre des enfants, c’est l’un des outils qui peut aider les praticiens et les decideurs a planifier et a prodiguer les meilleurs soins possible. Il fournit la norme de reference en matiere de politiques et de pratiques de sante et de securite dans les services de garde, de meme que des conseils probants pour aider a favoriser le developpement physique et cognitif des enfants (9). Pour que les praticiens et les planificateurs de programmes offrent des services de qualite, il faut que le pays s’engage a creer un cadre de prestation des services de garde qui soit planifie, dispense, surveille et evalue de maniere systematique et reflechie. Il faut manquer de rigueur pour croire qu’un tel systeme peut se former en l’absence de leadership national. Les donnees sont accablantes. Depuis longtemps, il est necessaire que le Canada mette sur pied son propre systeme de developpement de la petite enfance et de programmes sur le role parental (10). En qualite de citoyens canadiens, les enfants ont des droits distincts, y compris le droit a des services d’apprentissage et de soins de la petite enfance de qualite. Il est temps d’y investir. La SCP demande a tous les echelons du gouvernement de collaborer pour que ces droits se concretisent.

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