Entre influence et coïncidence: La réminiscence du grec dans l’arabe
Author(s) -
Manuel Sartori
Publication year - 2019
Publication title -
historiographia linguistica
Language(s) - French
Resource type - Journals
SCImago Journal Rank - 0.128
H-Index - 12
eISSN - 1569-9781
pISSN - 0302-5160
DOI - 10.1075/hl.00049.sar
Subject(s) - humanities , philosophy
Resume Deux points de vue s’opposent concernant les debuts de la grammaire arabe: la grammaire arabe serait apparue comme une discipline autonome ou aurait ete en partie influencee par des modeles grecs (peut-etre par le biais de traductions syriaques). En lien avec ce debat, il semble particulierement instructif d’etudier la categorie de ʿaṭf bayān. Selon Rafael Talmon, il s’agit d’une ‘invention’ de Sībawayhi (m.180/796?) basee sur la distinction entre ṣifa (‘adjectif’) et un modificateur qui n’est pas un adjectif mais assure une fonction adjectivale (ʿaṭf bayān). L’article tente de montrer qu’un contraste similaire peut etre trouve dans des sources grecques (et latines) anterieures sous la forme d’une distinction entre epitheton et epexegesis. En prenant en compte la connaissance hellenistique chez les Arabes avant et a l’epoque de Sībawayhi, il est alors possible de soutenir que l’auteur du Kitāb, faute de terminologie appropriee, a emprunte, directement ou non, la distinction aux sources grecques. Cependant, s’il ne s’agit evidemment pas d’une pure coincidence, l’emprunt qui a donne naissance a la categorie de ʿaṭf al-bayān ne doit pas etre interprete comme une simple influence. Il serait peut-etre preferable de le concevoir en termes de reminiscence: la memoire, par voie diffuse, des connaissances grecques dans la nouvelle erudition grammaticale arabe.
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